I.ES SOURCES
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les plus élevées. Le plus illustre représentant de cette période méritait, d’un poète français contemporain, l’épithète que les travaux de la critique contemporaine justifient de plus en plus :
Grand translateur, noble Geoffroi Chanter.
Au reste, cette littérature de traduction elle-même est pauvre, et en outre son activité ne s’est pas beaucoup exercée sur notre épopée carolingienne. Elle n’offre d’ailleurs que peu d'intérêt, par la date tardive de son apparition, et ne mérite pas que nous nous y arrêtions longtemps. A l’époque où elle se forma, l’ordre d’idées et de sentiments d’où la légende carolingienne était sortie avait presque entièrement disparu, et d’ailleurs l’Angleterre, pour bien des raisons, était plus disposée à faire accueil aux poèmes qui célébraient Arthur et les compagnons de la Table-Ronde. Cependant le pays que les Normands avaient conquis en chantant la Chanson de Roland ne resta pas complètement fermé à notre poésie héroïque; nous avons à énumérer quelques imitations de nos chansons de gestes carolingiennes.
1° La plus remarquable, et aussi la plus ancienne, est celle de ce même poème de Roland, celui que nous avons le plus constamment retrouvé dans nos études sur les emprunts faits par les étrangers à notre cycle. Les fragments que nous possédons du poëme anglais ne nous font pas vivement regretter ce qui manque *. L’auteur a connu, outre le Roland français, la chronique de Turpin, à laquelle il a emprunté un trait fort important \ Il écrivait vraisemblablement au treizième siècle.
2° Fierabras. Le poème anglais tiré de cette chanson de gestes, Sir Ferut/tbras, ne semble pas antérieur à la fin du quatorzième siècle. Il suit assez fidèlement le Fierabras français. Le style en est meilleur que celui du Roland, et la lecture plus agréable*.
3“ Otinel. L'imitation anglaise, où le nom du héros a la forme Otuel, est antérieure à 1330 *; elle ne s'écarte pas de son original. Elle a été publiée par M. Nicholson, pour Y Abbotsford Club, en 1836.
* M. Wright en a donné une analyse et des extraits dans Michel, ta Chanson rie Holaml, p. 279-28*.
* Les femmes sarraslnes envoyées an camp des chrétiens et qui les font pécher. il semble aussi n'avoir pas compris
Turpin au nombre des combattants de Iloncevanx.
* Vov. l’analyse et des extraits dans Ellis, Mctrical romances, p. 379 et suiv.
‘ Elle se trouve dans le ms. Auchinleck, qui est à peu près de cette année-là.