‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 104 sur 183 · A IO · texte numérisé non relu

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HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

abondante en traits colorés, un drame historique étonnant ; il a été passionnément Bourguignon, homme de parti, antifrançais, ce maître en langue française. Ce pauvre rhétoriqueur a été le reflet de scènes somptueuses, d’un tragique admirable. Il vaut d’être connu et expliqué sympathiquement, car il est lui-même une explication h Molinet, qui a composé tant

i. Il n’existe aucune étude documentée sur Jean Molinet, et pas une édition moderne. (6 pièces de Molinet dont le choix n’est pas très heureux ont été reproduites par A. U. Coustelier à la suite de là Légende de maistre Pierre Faifeu mise en vers par Ch. Bourdigné. Paris, 1723, p. 119-198 sous le titre : Poésies diverses de Jehan Molinet chanoine de Vulenciennes, extraites de ses Faicts et dicts. Une pièce dans les Annales poétiques ou Almanach des Muses d’Imbert. Paris, 1 778, p. 201-206). La courte notice de M. de Reiffenberg, Mémoire sur Jean Molinet, historien et poète, Cambrai, i835, 24 pp., est surtout une appréciation littéraire, La Notice biographique de G, Hécart ( Mémoires de la Société de Valenciennes, 3e volume, iS4i) offre principalement un catalogue des œuvres et deux pièces fort intéressantes. La notice de P. Ilédouin ( Archives historiques et littéraires du Nord, 3e série, i85o, p. 212-226) est sommaire. Le seul travail à citer est celui de M. Henry Guy, Histoire de la Poésie française au seizième siècle. Tome I. L'École des Rhétoriqueurs. Paris, 1910, p. i5S-i 73, d’une sévérité d'appréciation qu’on ne saurait partager. — Les vers de Molinet ont paru pour la première fois à Paris en i53i, chez Jean Longis, imprimés en beaux caractères gothiques, mais peu correctement : Les Faictz et diciz de feu de bonne mémoire maistre Jehan Molinet contenons plusieurs beaulx traiclez et oraisons et champs royaulx... (Bibi. Nat. Réserve, Ve 42). Deux autres éditions ont été données à Paris en 1 5 3 7 . Celle de 1 54o, en beaux caractères ronds, (Bibl. Nat. , Réserve Ye 1 34o) est la reproduction exacte de celles qui précèdent, avec un certain nombre de fautes d’impression en plus. Systématiquement, les éditeurs de i53i ont écarté de l’œuvre de Molinet les pièces antifrançaises et celles aussi d’un tour trop débridé. Ils n’ont connu qu’une partie de l’œuvre poétique de Molinet qui est infiniment plus considérable. Les pièces publiées par eux ont été trop souvent châtrées des mots vigoureux qui caractérisent Jean Molinet. Le texte est enfin donné dans le dialecte de Pile de France. Les Faictz et diciz doivent donc être complétés par les recueils poétiques formés par les Robertet. (Bibl. Nat., ms. fr. 1716, 1717, 1721, 12490.) Le manuscrit de la Bibl. Nat., fr. 2200 est intéressant, avec sa curieuse série de pièces historiques à la suite de la Ressource du Petit Peuple et du Testament de guerre. C’est aussi la caractéristique du ms. fr. iqi65 (premier quart du seizième siècle, Nord de la France) qui contient le vigoureux Chant de la pie parmi des pièces politiques et autres de la vieillesse de Molinet d’un véritable intérêt. Le ms. fr. 2876 contenant l'.4rf de Rhétorique demande à être étudié de très près. Riche en pièces authentiques de Molinet, il en contient beaucoup d'autres, d’un tour libre, qui ne peuvent être que de notre poète. Un recueil beaucoup plus important, plus complet que l’imprimé de Longis, est le n° 471 de la Bibliothèque James de Rothschild (io4 pièces), recueil formé par un chapelain d’Arras, Jean Garet, entre 1620 et 1026, un admirateur, et peut-être un ami de Molinet ( Catalogue , I, p. 271-281). Mais de beaucoup le plus intéressant manuscrit de Molinet est le numéro io5 de la Bibliothèque de Tournai. Ce gros recueil de 456 folios de grand format, très soigné, illustré d’expressifs dessins rehaussés de lavis, de libres et étonnants rébus, a été transcrit, un peu après i5i5, dans le dialecte wallon, du vivant de Philippe de Fenin

d'allégories, est une allégorie. Il donne le portrait moral de l’écrivain de l'extrême fin du quinzième siècle, à l’époque de la pré-Renaissance, si importante à connaître pour comprendre la Renaissance fi

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