‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 113 sur 183 · Ils sont dans sa Chronique, t. I, p · texte numérisé non relu

Ils sont dans sa Chronique, t. I, p

contrassiéger le duc et asseoir au delà du Rhin un très fort boulevard. Les Italiens perdaient des mines qu’ils étaient chargés de défendre. Et Molinet faisait parler son duc avec les ambassadeurs du connétable de France. Vers Pâques 1 475 , l’empereur Frédéric, humble et pacifique cependant, venait porter secours à Neuss et combattre le duc de Bourgogne. Lui aussi y plantait ses tentes, nombreuses à ce point qu’elles semblaient former une grosse cité. Et le duc rangeait ses armées; les Italiens leurs escadrons *. L'empereur, qui voyait approcher la puissance ducale, avait fait sortir de son camp quatre à cinq mille cavaliers. De ses engins, dressés sur leurs fûts au delà du Rhin, il avait libéré le tonnerre de sa nouvelle artillerie. A « ce mortel fouldre et criminel tonnoirre », qui pour la première fois roulaitavec cette intensité sur un champ de bataille, répondait l’artillerie adverse2. Pas une tente, ni un pavillon du camp des Allemands où l'on ne vit le jour à travers. Les combats finissaient à la nuit tombante. Et c’est un fait que l’empereur devait demander, par le légat du pape, trois jours de trêve; qu’un duc de Bourgogne avait résisté à la puissance impériale; que la ville de Neuss, où demeuraient seulement cinq cents personnes, était remise entre les mains du pontife.

Mais on peut croire que les vers que nous avons rapportés plus haut ne sont pas les seuls que Molinet ait écrits à propos de Neuss et de son siège. Car une pièce anonyme, intitulée De Nuz denus (on sent déjà la linesse), est tout à fait dans son style3. Le poète s’adressait aux nobles et aux rustres de la ville, leur déclarant que, pour eux, il n’y avait plus à espérer aucun secours. Le siège était mis à « grant charroy » et les << murs massis » de la cité ne la protégeraient

Pas : AP rés vent calme vient tormente.

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