‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 115 sur 183 · janvier 1 4 7 7 , n.st · texte numérisé non relu

janvier 1 4 7 7 , n.st

2. Recueil d’arls de seconde rhétorique publié par E. Langlois, p. 224.

HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

Et, dans la complainte du Trespas du duc Charles il comparait alors la maison de Bourgogne à un grand arbre que la foudre seule avait pu abattre.

Quand sa pensée se portait vers une époque heureuse1 2, c'était vers le temps, déjà légendaire, de Philippe le Bon :

Qu’est devenu le temps du bon bergier,

Le très bon duc Phelippe de Bourgogne ?...

Molinet était alors absolument anti-français. Car elle est bien de lui la significative ballade3 :

France est gracieuse — Non, fiere.

Charitable — Non, envieuse.

France est loyalle — Non, legiere.

— Amiable — Non, orguilleuse.

Plante verte — Non, seche branche.

- — Traictable — Non, trop convoiteuse.

— Constante — Non, muable est France !

François sont humains — Non, divers.

Prudens et sages — Non, coquars.

Courtois — Non, haineux, couvers.

Gens larges — Non, chiches, eschars.

Innocens, simples — Non, lins, hars.

Faictiz, gorgias — Non, estrois.

Gentz et preux — Non, mesehans, conhars.

Hardis — Non, venteux sont François !

Il disait encore, quand de rudes coups étaient portés sur les gens de son parti4 :

Souffrons a point, soions bons bourguignons,

Bourgois loiaux, serviteurs de noblesse...

Franchois sont faulx, soyons seurs, s’on nous blesse.

1. Faictz et dictz, fol. 42; ms. James de Rothschild, fol. 1 4q. Le ms. de Tournai io5, fol. i02ro, donne la rubrique : L'arbre de Bourgongne sur la mort du duc Charles.

Page 1