‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 124 sur 183 · Ms. de lournai. — Leçon de l'imprimé de i53i : gentilz · texte numérisé non relu

Ms. de lournai. — Leçon de l'imprimé de i53i : gentilz

3. Molinet, dans sa Chronique, t. II, p. 24S-270, a longuement rapporté l’attaque de Rhodes par les Turcs, en i48o.

JE AIS MOLINET RIlÉ TOR IQUEUR

J’ay painct son temple ou j’ay ouvré Rudement, selon ma foiblesse...

Ainsi Molinet demandait l'indulgence des lecteurs.

De la même veine est le Testament de la guerre i, composé certainement après les trêves de juillet 1478 et avant le traité de paix de 1482'2, une sorte de complainte populaire.

Guerre, qui allait mourir, laissait son âme à Dieu, ses biens à ceux qui avaient alimenté son corps, les rois, les princes, les ducs. Aux pervers tyrans, qui avaient martyrisé les pauvres laboureurs, elle léguait toutes sortes de maladies et de tribulations3 :

Je laisse aux abbaies grandes4 5 Cloistres rompus, dortoirs gastés,

Greniers sans bled, troncqs sans offrandes,

Celiers sans vins, fours sans pastés,

Prelatz honteux, moisnes crottés,

Perte de biens et de bestaille,

Et, pour redressier leurs clochés3,

Sur leur dos, une grande taille.

Je laisse aux grosses bonnes villes ChargiéJA] s d’impositions Leurs tours descouvertes et viles,

Leurs murs jus de fondations,

Bourgois d’orribles pensions Tant fort attains et occupés Qui n’ose[ro]nt de leurs mansions Widier qu’ilz ne soyent happés.

Je laisse au pouvre plat payz Chasteaux brisiés, hostieux brullés,

Terres sans bief, gens extraliiz6,

1. Faictz et diclz, fol. i24-i3a; manuscrit James de Rothschild, fol. 198; Bibl. Nat., fr. 19165, fol. 34; ms. de Tournai 100, fol. 3io.

2. Le ms. fr. 2200 de la Bibliothèque Nationale donne la rubrique suivante, fol. 8ir0 : Le Testament de la Guerre composé par maislre Jehan Molinet après que la réduction de Salins et de la conté de Bourgongnc fut jaicle (donc après r 4 7 7 ) .

3. Voir la description de la pluie de sang que Molinet donne dans sa Chronique ; la famine, le froid, la mortalité sévissaient cruellement (t. II, 279-282).

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