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Je suis le texte du ms. de Tournai

5. Ms. Costés. — 6. Leçon du ms. fr. 2200. Ms. de Tournai : esbahiz.

HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

Bergiers battus et affolés,

Marchans meurdris et mutilés A grans cousteaux et decourbés,

Et corbaux crians a tous lés Famine dessoubs lesgibbés!

Et Guerre laissait aussi grand renom à ceux qui avaient bien servi leurs princes; aux jeunes étourdis, qui s’étaient emparés du bien d’autrui,

Le dangier d’estre racourchiés.

Guerre disait encore :

Je laisse a plussieurs hostellains Ou mes gens sont esté logiés Leurs coffres d’or de touche plains,

Leurs meubles fort adommaigiés ;

Ln lieu de grans deniers forgiés Ung petit sac plain de credos,

Lt plusseurs ventres engrossiés Pour faire le beste a deux dos...

Je laisse a ces grans cabailliers Flatte bourse et wides bouteilles;

Aux pages, gros poux par milliers;

Aux gros varies, fain aux entrailles ;

Aux lacqués, fiebvres non pareilles ;

Aux vieux roustiers, membres péris,

Et aux pillards, poingz et oreilles Attacquiés a ces pilloris!

Armuriers1 et brigandiniers,

Seelliers2, fourbisseurs de cuirasses,

Oui gaigné ont plusseurs deniers Ln faisant harnas et poilrasses3,

Plus honteux que vielles limaches Clierront les palmes estendues,

Et aront, de leurs propres haches,

Leurs corps4 et les testes fendues.

Je laisse au pillard espillier Le pillade qui va pillant,

Tant que ung pillard l’aura pillé,

Plus gaurrier et plus espillant;

i. Ms. Armoiens. — 2. Ms. Et ces.

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