‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 13 sur 183 · MYSTÈRE DE LA PASSION · texte numérisé non relu

MYSTÈRE DE LA PASSION

Le grand monument poétique du quinzième siècle, analogue à une cathédrale, naquit dans une cathédrale, à Notre- Dame de Paris. Cet immense poème1, pareil aux porches historiés de la majestueuse église dont la beauté puissante avait quelque chose d'accablant déjà pour les anciens hommes qui la contemplèrent2, est un drame, un mystère, comme on disait en ce temps-là 3.

Avec ses nombreux personnages, il évoque les petites et les grandes ligures qui animent la cathédrale ; ses morceaux à forme lyrique, la musique, les costumes des acteurs et des figurants le parent comme les images et les verrières ornent l’église; et le drame chrétien est, comme l'église, une œuvre logique, charpentée solidement, construite de probes matériaux. Ainsi que la cathédrale, le mystère est un livre, un livre ouvert sur la place publique pour l’instruction et l’édification de tous 4 :

Ouvrez vos yeulx et regardez,

Devotes gens qui attendez A oyr chose salutaire :

Veillez pour vo salut taire Par une amoureuse silence !

i. 34 574 vers.

a. Ilia terribilissima glorioeissime Virginis Dei genilricis Marie ecclesie (Jean de Jandun, dans Leroux de Lincy, Paris et ses historiens, p. 44).

3. Le Mystère de la Passion d'Arnoul Greban publié d’après les manuscrits de Paris avec une introduction et un glossaire par G. Paris et G. Raynaud, 1878.

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