‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 130 sur 183 · Grippant agrappe, o fine gape grappe... (Ms. de Tournai · texte numérisé non relu

Grippant agrappe, o fine gape grappe... (Ms. de Tournai

2. Suivant la leçon du ms. de Tournai. — Leçon de i53i : eslourdez.

3. Une reproduction de ce portrait, d'après une copie du musée de Boulogne-sur- Mer, a été publiée par D. Haigneré et A. de Bosny, Recueil historique du Boulonnais , Boulogne-sur-Mer, 1900, t. III, p. 8. Une autre copie est au musée de Versailles. L’original, découvert à Valenciennes par M. Auguste Voisin, bibliothécaire de la ville de Gand, était dans le cabinet d’un amateur belge en 1806.

insolents, un grand nez inquisiteur, des lèvres épaisses et humides, amoureuses et gourmandes. Il semble jeune encore, le bon compagnon, un peu voûté seulement et déjà fatigué. Mais ses cheveux roux, taillés nettement, qui ourlent la profonde calotte noire du clerc, sont toujours drus. Il n’est pas borgne. Il est laid, dans la mesure où la laideur est encore un agrément chez l’homme. D’une main nerveuse, il froisse un rouleau de papier où il vient de fixer ses imaginations parfois si fortes et si libres, et saugrenues aussi. Il est soigné et porte sur sa robe noire un éclatant manteau rouge.

Jean Molinet a été le poète pensionné, le chantre à gages du Habsbourg Maximilien et de tous les siens. Ses pièces de circonstance, compliments aux mariages et aux naissances, plaintes à l’occasion des deuils, forment comme un livre de raison de cette famille. Jean Molinet dessine, lui aussi, son Triomphe de Maximilien1. Il peint le fils de Frédéric2, le prince libéral et instruit, au corps valide et robuste, comme il est représenté par les artistes de ce temps; et nous l’évoquons, avec sa face au nez long où le menton fait saillie3.

Mais à lire Jean Molinet, il semblerait que ce fût la Bourgogne qui se soit augmentée de la maison d’Autriche, tandis que l’Autriche venait, en quelque sorte, d’annexer le Brabant, la Flandre, le Limbourg, les Gueldres, le Ilainaut, la Hollande et l’Artois.

En 1 485 , l’archiduc était nommé solennellement roi des Romains, à Francfort, ce qui n’était pas agréable au roi de France4. Après les fastueuses cérémonies du couronnement, il descendait en Flandre où il était reçu, à Bruxelles, à Sainte- Gudule. Et le jeune archiduc Philippe, le iils, accueillait

1. Ms. de Tournai io5, fol. 3oo : Ung dictier de Renommée, Vertus et Victoire.

2. Cf. La mort de Frédéric empereur pere de Maximilien (Ms. de Tournai io5 fol. 3i3V0).

3. Bibl. Nat., ms. fr. 5Gi6, fol. 457 ; le portrait d’Ambrogio de Prédis au Musée de Vienne et surtout l’admirable effigie de Lucas de Leyde.

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