Chronique, t. III, p. a
3. Mais où est en ce temps-là l’indépendance des écrivains? Charles de Lalaing poursuivit la veuve d’Olivier de la Marche et il obtint de faire retrancher des pages de ses Mémoires (Molinet, Chronique , t. Y, p. 24o-a43).
4. Ms. de Tournai io5, fol 166 vo : Ung dictier sur ceux de Gand : Glorieux aigle, imperant patriarche. ..
5. Manuscrit James de Rothschild, fol. 71 ; ms. de Tournai io5, fol. 17S.
HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE
Prendre l’estœuf au royalme de France Pour tapper dur1, coups si puissans et roids,
Que Francillons auront griefve souffrance...
Les Français qu’il détestait, ceux-là que naguère Jean Molinet nommait les gens féroces, sont par lui désignés aujourd'hui les « Francillons ». Longtemps ils avaient eu pour eux le beau jeu. Maintenant, c’est nous qui allons gagner. Il est vrai que les Français venaient de mater les Bretons (1491) et qu’ils avaient retenu la « belle roynette », c’est-à-dire la duchesse Anne Qu’importe :
Mais nous avons roys, rocqz et champions Qui la menront en nostre maisonnette3.
Et Mol inet invitait le prince puissant4 qui venait de prendre Gand dans ses filets, la lleur de la noblesse, à servir le roi des Romains et l’archiduc son fils, à frapper de grands coups :
Les Francillons vallent que desconfis :
L’esteuf nous quiert5 et il s’eslongne d’eulx !
Mais voici maintenant que la scène du drame paraît se déplacer. Elle est en Espagne où Fernand de Castille et la reine Catholique viennent d’entrer, après sept ans de siège, dans la cité de Grenade tenue par les Maures infidèles6.
En 1496, Molinet présentait les compliments d’usage à propos de La très illustre et très noble alliance de messeigneurs les enfans d'Austriche a ceulx d' Espaigne1 , à l’occasion du mariage de Marguerite, sœur de l’archiduc, avec Monseigneur