H. d’Outreman, Histoire de Valenciennes, p
4. Jean Lemaire, parent de Molinet, a conté la gracieuse légende de la belle Germaine qui, au cours d’une chasse, reçut sur son giron, où il était venu se réfugier, l’un des cygnes que chassaient ses archers. « Et elle fist emporter avec elle ledit cygne et le nourrist et garda soigneusement » ( Œuvres , t. II, p. 343).
5. C’est Jean Lemaire qui propagea, on peut le dire, la légende des origines troyennes dans ses Illustrations de Gaule.
meilleurs vers « dresses en 1 honneur de la Vierge » ; le pays des sottes chansons pleines de mouvement et de la rauque musique des mots1.
Certes, Molinet la vit déchue de son ancienne splendeur., la <( bonne et franke » ville de Valenciennes, comme la nomma un de ses enfants, Jean Froissait. Il le marque expressément dans le Didier présenté a Monseigneur de Nasso au retour de France 2, en 1482 :
Quoique Valenciennes soit jus,
Povre que femme sans lictiere,
Plus pressée que n’est vert jus,
Elle demourra, après tous jus,
Ferme, droicte, saine et entière...
Valenciennes, fort povre et nue,
Espérant le bon temps paisible,
Vous festoye a vostre venue,
Non point tant qu’elle y est tenue,
Mais autant que luy est possible,
Prince de paix, conte invincible,
En qui vertu prent son degré :
Prenez son petit faict en gré...
Alors on criait Noël. C’est quelque chose assurément de faire joutes et tournois, d’assaillir villes et châteaux : mais la paix surpasse toutes les autres œuvres. Et Molinet disait encore que c’était pitié d’aller, en ce temps-là, par les champs:
Argent monte, honneur rapetisse :
Prestres, elerez, bourgeois, marchans Sont espluchez par gens meschans,
Querant proye ou bague faitisse.
Et, qui pis est, s’on fait justice
i. Dinaux, Servenlois et sottes chansons couronnées à Valenciennes, Valenciennes, i833 .
a. Faiclz et dietz, fol. 106 ; manuscrit James de Hothschild,fol. i46v0; Didier jaitf par la ville de Valenciennes a Mgr le conte de Nassau a son retour de France ou il fit la paix (Ms. de Tournai io5;fol. i5q). Bibl. Nat., ms. fr. 2375, fol. n3 vo : Didier de Valenchienne présenté a Monseigneur de Nansot. — 11 s’agit de monseigneur Englebert, comte de Nassau, mort en i5o4. Fait prisonnier à Béthune par les Français, il noua avec çux de telles relations qu’on le considérait comme ayant beaucoup avancé l’heure de la paix ( Chronique , t. V, p. aai-233).
HISTOIRE POÉ TIQUE DU XV SIECLE» Il