PI. XXII
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JEAN MOLINET RHETORIQUEUR
D’un gros varlet, le maistre en hongne !
Ou est Charles, duc de Bourgogne ?
Car il y avait un risque véritable à sortir des murailles1.
Une fois de plus, il traduit son rêve de clerc : voir les ;< feuillards » hors de leurs garennes! Alors il n'était pas facile de correspondre avec ses amis les plus chers autrement que par lettres2. Et, comme il le disait à Philippe de Fenin3, s'il s’aventurait à aller vers lui, il pourrait bien rencontrer certains pillards pour lui enlever :
Chappe, cornette, argent, bourse, courroye,
Cousteau, bonnet, moufüe, robbe et pourpoint.
Tant de compagnons de guerre, on l’a vu, allemands, italiens, anglais avaient tenu en effet Valenciennes et ses environs.
Mais la cité avait toujours été un lieu de passage*. Beaucoup de sociétés, Compagnons joueurs de l'Estaple, de la Joyeuse Entente, l’Abbé à tous propos, le Prince de Plaisance, y recevaient les associations des villes voisines ; les arbalétriers y tiraient l’oiselet. Les compagnons drapiers y vivaient comme de petits rois. Il y avait dans la cité des peintres renommés,
î. Molinet écrira en i488 :
Il n’est marchant en ce quartier Qui sur foy ne sur saulfconduit Oze hors des portes widier Sans estre happé ou séduit...
(Ms. de Valenciennes 4 9 3 , fol. 3 1 4 ) .
i. Lettres de Molinet envoiees a Fenin (manuscrit James de Rothschild, fol. iavo; ms. de Tournai io5, fol. i43vo).
3. Les compositions de ce poète d’Arras, qui écrivit entre 1 4 9 3 et i5i3,sont conservées dans le ms. de Tournai io5, fol. 4ib-456. Ce rude rimeur, mais verveux, qui se vante d’écrire après avoir bu « maint tret de bon vin », était également un ami de Loyset Compère à qui il adressa le « jeu de saint Panchart ». Il était en relations avec Jein Caulier de Blois, messire Olivier Second, président du parlement, un bourgois de Mons, nommé Jessé, auquel il adressa un curieux arbre de Jessé où les rois sont ceux /des sociétés joyeuses et littéraires du Nord. Son ouvrage le plus intéressant traite des Coustumes d'Arras, datées de décembre 1007, une sorte de revue locale. 11 est qualifié de o noble Fenin ». Une image du ms. de Tournai le montre 'sommeillant à sa table, -devant un pot de vin et une miche de pain.