Cf. Chronique, II
4. Philippe de Crevecœur, seigneur des Cordes ou d’Esquerdes, maréchal de France, d’abord dans le camp bourguignon, qui combattit à Montlhéry, reconduisit le roi Louis XI en France après Péronne, attaqua Beauvais, puis livra la ville d’Arras au roi à qui il fit serment. C’est lui qui perdit, pour son nouveau maître, la bataille de Guinegate. 11 était tout à fait 1 homme de confiance de Louis XI qui lui recommanda son fils en mourant. Molinet a longuement parlé de ce personnage, radié de la Toison d'or ( Chronique , II, Gi, 293, 3i5; III, p. 87; V, p. 1). Le ms. de Tournai io5, fol. 1 4 5V0, donne son épitaphe en vers.
5. Faictz et dictz, fol. 76'0. — 6. Ms. fr. 19160; I Furieux.
7. Je corrige suivant les leçons du ms. fr. 19165. — 8. Ms. fr. 1 9 1 6 5 : bondons.
4oi
Sur quoi Jean Molinet engageait son duc et archiduc à remercier Dieu, à triompher aussi dans la paix.
Par deux fois, Jean Molinet fit taire ses rancunes de Bourguignon. D’abord quand il a maudit :
Englés coués s’il reviennent en France1,
puis quand il célébra un roi de France. Il s’agit de Charles VIII qui descendait alors en Italie.
Or, Jean Molinet, lorsqu'il parle de cette aventure, dans sa Chronique 2, déclare que c’était là une croisade qui devait mener le roi en Turquie; il indique la vengeance à tirer des « très horribles et exécrables tyrannies que ont commis et perpétré en la religion de Dieu, depuis quarante ans encha, les très cruels et maldicts infidèles Turcqs ». Dans ce prince, vaillant et catholique, un preux de roman, mort à vingt-quatre ans, Molinet célébrera le héros «du plus grand hardement que n’avoit esté nul roy franchois, depuis long temps paravant3. . . » Maintenant Jean Molinet chantait le Voyage cle Napples 4. En ces jours, il dira que la « froide, merveilleuse et très meschant brise » avait converti son encre en glace, sa plume en corne, son papier en pierre blanche. Mais Le Brun, archer du corps du roi, l avait tellement secoué qu’il avait habillé à nouveau les volants de son pauvre petit moulin ; et, cette fois encore, il l’aurait mis face au vent « pour le faire tourner et en tirer fleur et farine ». Ainsi Jean Molinet était alors tout enthousiasme pour le « royal cerf volant » :
Fort que Rotant, puissant comme éléphant.
Charles venait de passer les monts, tel un autre Annibal ;