Je rappelle que ce mot désignait toujours la poésie
3. Abécédaire. — Dans le même esprit est Le donal baillé au roy Loys douziesme de ce nom (Ms. de Tournai io5, fol. 342ro).
pentines, affilées pour détruire ses ouvrages, le secours delà llamboyante épée du jeune prince.
Molinet nous donnait une autre excuse encore. Depuis le temps où avait été composé le Roman de la Rose, notre langage était devenu « fort mignon et renouvellé ». A dire vrai, à en juger d’après sa propre virtuosité, Molinet trouvait le Roman de la Rose pauvrement rimé ; les mots lui en paraissaient durs et hors d'usage. Enfin, sous la meule de son moulin, il allait passer ce qui lui paraissait répréhensible pour le rendre propre au bien, la « mondanité » afin d’en extraire la divinité.
Ainsi le cynique Molinet moralisa 1 immoral Roman de la Rose ; et il espérait que Notre-Seigneur prendrait en considération son <( rude ouvrage » et qu’il verrait au ciel, avec son prince, la rose immarcescible...
En réalité, c’est un livre d’images que le Romant de la Rose moralisé, un nouvel abécédaire. Tel il nous apparaît dans les beaux exemplaires sur vélin que tira Antoine Vérard. Le <( noble » Roman de la Rose allait devenir un grand souvenir. Il devenait un prétexte à illustrations, à dissertations instructives; son charme original ne le parait plus. Et c’est peut-être là le fait le plus important de toute l’histoire littéraire de cette fin du quinzième siècle.