‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 169 sur 183 · LE V I EUX MOLINET MEURT EN · texte numérisé non relu

LE V I EUX MOLINET MEURT EN

Ainsi vieillissait Jean Molinet, auprès du jeune Jean Lemaire, qui avait chanté près de lui, à la chapelle, « benedicamus » ; le lier jeune homme, né à Valenciennes1, celui-là qu'on nommera de Belges, le bon latiniste, l’italianisant, le chrétien et le voluptueux, celui qui va, en France, renouveler la poésie et l’histoire, qui donnera une vie nouvelle à la légende troyenne2. Et c’est le docte Henri de Berghes, évêque de Cambrai, chancelier de la Toison d’or, qui lui a imposé la simple tonsure3; Henri de Berghes dont Jean Molinet a fait un éloge si ému que nous pouvons penser qu'il était de ses protecteurs4. Or, sous son glorieux parent, Jean Lemaire avait « bien appris5 » ; il était devenu clercde financesde Pierre de Bourbon, le précepteur des enfants de Saint-Julien, courant le monde en attendant de succéder à Jean Molinet comme indiciaire.

Et Jean Molinet a sans doute, non loin de lui, ses tils qui ont de qui tenir : Augustin, qui sera chanoine de Coudé et achèvera sa chronique, la mettra au net sur le commandement de l’empereur Maximilien6, et Philippe.

Quant à Jean Molinet, il continuait à tenir sa chronique

1. Ce point a été établi par M. Spaak ( Revue du seizième siècle, 1921, p. 218). Il a signé ainsi un de ses premiers ouvrages (Œuvres, t. IV, p. 326).

2. Voir les Illustrations de Gaule et singularitez de Troye (t. I et II des Œuvres).

3. Dinaux, Archives du Nord, 3e série, III; Paul Spaak, Jean Lemaire de Belges, sa vie et son œuvre, dans la Revue du seizième siècle, 1921 -1922.

4. Chronique, t. V, p. 199-200 (-j- iôoa). Famille puissante auprès de l’archiduc. On peut citer Michel de Berghes, négociateur avec l’Angleterre en i48o (Arch. du Nord, B. 342); Jean de Berghes, conseiller et chambellan (ibid., B. 2118). L’abbé de Saint-Berlin et messire Cornille ( Chronique , t. V, p. 199).

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