Cet emploi du temps est au moins celui de
a. J’ai tiré ces détails des extraits de Sarrasin (Arch. Nat., LL. 397).
HISTOIRE POÉTIQUE DU X\e SIECLE
bibliothèque de la cathédrale, installée sur les voûtes, là où jadis, au temps des révolutions, Gerson avait trouvé une cachette. Et maître Greban y montait par l’escalier de la tour gauche1 2.
Mais ses travaux personnels devaient devenir de plus en plus absorbants, car le 20 février 1 453 , Arnoul Greban demandait la liberté d’un certain nombre d’heures par jour, faveur qui lui fut accordée. On peut penser qu’il travaillait à quelque poème considérable qu’il avait entrepris. Un changement dut se faire alors dans son esprit. Le travail régulier qu’il assurait à Notre-Dame l'excédait. Il voudrait bien n’être pas obligé d’assister aux heures interminables, comme le règlement l’y contraignait : il réclamait l’argent qui lui était du pour la nourriture des enfants -. De son côté, le chapitre se plaignait des gensqu’il recevait et qui vivaient dans sa maison aux dépens de la table des enfants3. Un soir, il les a conduits se promener dans 1 île Notre-Dame au lieu de remonter la châsse de saint Marcel4! Et Greban était las5.
C’est un fait que maître Arnoul Greban se tourna alors vers Charles d’Anjou, comte du Maine, le puissant seigneur épris de nouveautés et de poésie. Le 2 avril 1 455 , Greban demandait un mois de congé au chapitre pour se rendre auprès de Charles d’Anjou6. A la suite de cette visite, un changement se produisit dans la situation du poète. En effet,