La boite a caillouz v. a8344. — 2. V. 3852. — 3. V
ARNOUL GREBAN
Quand Satan apparaît, au milieu de ses fumées, c'est un personnage véritable et redouté que le peuple a sous les yeux. Car il n’aime pas le voir, même en image, tant il le craint1
Enfin, au bon peuple des citadins (et le mystère a surtout été représenté dans de grands centres) la Passion offrait un tableau qui a toujours été fort apprécié des gens des villes. C’est celui d'une vie rustique idéale, la peinture des bergers de convention et d’idylle.
Mercadé, déjà, avait traité la scène que les mystères de la Nativité développaient; il avait présenté, dans les dialogues de Gonthier, de Roberchon et de Gombault, non seulement le tableau, mais encore l’éloge de la vie pastorale2 :
Car pastouriaux, grands et petis,
Ontmieulx le temps que n’ont les rois...
La scène reçut un développement beaucoup plus considérable chez Greban3. Et la pastorale d’Aloris, d’Ysambert, de Pellion, de Rifflart demeure toujours charmante. Ils chantent la douce saison, les agréments de la vie rustique. Car le berger, qui n’a que son pain, peut bien le crier :
Fi de richesse et de soucy !
Or, Greban qui, au temps où il écrivait son mystère, ne voyait peut-être de la campagne que l’île Notre-Dame, les environs de Paris où il menait parfois les enfants de chœur se promener dans les propriétés de l’évêque ou de l'église, le disait par la voix d’Ysambert :
Est il liesse plus sérié
Que de regarder ces beaux champs
Et ces doulx aignelès paissans,
Saultans en la belle praerie P
1. Sur les manuscrits qui le représentent, l’image du diable est très souvent brouillée ou effacée.