‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 31 sur 183 · V. 1624 et S. — 3. V. 4637 et s · texte numérisé non relu

V. 1624 et S. — 3. V. 4637 et s

174 niSTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

Et Rifflart de répliquer :

Quand ma pennetiere est fournie De bons gros aux et nourrissans,

De ma flûte vous fais ung chans,

Qu’il n’est point de tel symphonie.

Mais, en vérité, rien de plus charmant que les petits vers chantants, d'un rythme balancé, en fait des chansons1, par lesquels les bergers disaient le bonheur de leur simple vie2 :

Bergier qui ha pennetiere Bien cloant, ferme et entière,

C’est ung petit roy;

Bergier qui ha pennetiere A bons cloans par derrière Fermant par bonne maniéré,

Que lui fault? Quoy?

Il a son chappeau d’osiere,

Son poinsson, son alleniere,

Son croc, sa houllette chere,

Sa boite au terquoy,

Beau gippon sur soy,

Et par esbanoy,

Sa grosse lleute pleniere,

Soulliers de courroy A beaux tacons par derrière ;

Face feste et bonne chere :

C’est ung petit roy !

11 faut l’avouer : une grande partie de l'intérêt et de la beauté du mystère de la Passion devait résider dans sa mise en scène, dans ses cortèges, dans l’accompagnement musical qui en faisait comme un oratorio ou un opéra3. Entre beaucoup de mystères, tel est le caractère de la Passion de maître Arnoul Greban.

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