V. 4737 : Nous chantons cy nos serventois. — 2. V
3. V. 647. Les « angeles qui rendent grant clarité et font grant mélodie » sont d’ailleurs de style dans la Passion d'Arras, p. 22. On y trouve un chant des prophèteset des anges, p. 242, 243.
ARNOUL G RE BAN
A cet égard, rien de plus intéressant que de constater qu’Arnoul Greban était organiste, qu’il dirigeait la plus célèbre maîtrise de France quand il composa son drame. Dans le Mystère de la Passion les anges chantent, comme les enfants au chœur de la cathédrale, des morceaux que l’orgue accompagne.
Ces intermèdes musicaux, ces silete cum organis, sont marqués d'une façon particulière dans le précieux manuscrit1 du Mans qui nous conserve la première journée du mystère, comme elle a pu être préparée, sans doute, par Fauteur lui-même2, pour une représentation.
L'orgue se faisait entendre quand Miséricorde et Dieu le Père dialoguaient au Paradis3. Et les anges chantaient quand Paix avait parlé4. Ils chantaient encore avant la descente de Gabriel5. Un intermède musical précédait la scène de l’annonciation et la clôturait6. Lm morceau d'orgue annonçait le dialogue entre Gabriel et Dieu le Père7; les petits vers des chérubins n'étaient qu’un chant8.
C’est une loi de l’effet musical que les oppositions de douceur et de violence : aux fraîches voix des anges succèdent celles desdémons. L’Enfer commence9 : lediscours de Lucifer est pré-
1. Signalé par H. Chardon, les Greban et les Mystères dans le Maine, 1879, 5-iS; par H. Stein, dans la Bibl. de l’École des Chartes, t. LXXIX, p. i45. Ce manuscrit de format in-4, ii3 ff. sur papier, provient de l’abbaye bénédictine de Saint-Vincent du Mans, et date de la seconde partie du quinzième siècle (décrit par M. C. Couderc, t. XX du Catalogue général des Bibliothèques publiques). 11 était déjà, en 1718, à l’abbave de Saint-Vincent. — Ce ms. n’a pas été employé par Gaston Paris et de G. Raynaud.
2. C’est ce que l’on peut induire de nombreux jeux de scène, des indications de pauses ou de petites pauses ( pausa , pausula) et surtout de la rubrique, fol. 3g yo:Hic poterit pro prima die suffîcere. — Par l’écriture, le manuscrit du Mans n° 6 peut dater de la fin du règne de Charles VII ou du règne de Louis XI. Ce manuscrit a été relu soigneusement et corrigé d’une très petite écriture, plus noire que celle du texte courant : fol. iSV0, 26r0, 2yr0, 33vo,75to. On trouvera ci-après les rubriques musicales.
3. V. 2071. Silete cum organis. — 4- V. 2875. Silete per angelos.
5. V. 3374. Hic cantabunt angeli in Paradiso finito que cantu descendei Gabriel Chanson. V. 33g4, Pausa. Silete.