V. 9S01. Pausa per angelos
ARNOUL GREBAN
Telles sont les indications musicales que nous recueillons pour la première journée du mystère dans le manuscrit du Mans.
Mais le lyrisme n'est pas seulement musical chez Arnoul Greban, organiste. 11 est partout.
Chez Greban, en effet, l’art est maniéré et raffiné. Ballades, rondeaux, stances, complaintes comme celle de Judas, ronde des démons, pastourelle des bergers de Bethléem, lamentations de la Vierge, prière de Jésus au jardin des Oliviers sont autant de pièces, comme intercalaires, comportant parfois un accompagnement de musique et de chant que nous ne possédons plus, mais qui pouvait bien avoir son importance.
L’œuvre de Greban était une œuvre littéraire et musicale à la fois. On y entendait tour à tour Jérémie et David chanter un motet1. Quand Jésus est en croix, les anges chantent le début du Kyrie eleison des ténèbres-. Lors de la résurrection, pour montrer leur joie, les prophètes icy doivent chanter quelque motet ou chose joyeuse 3. Au Paradis, les anges saluaient la venue du Seigneur en chantant4. Et c'est par le chœur final de la foule, entonnant le Te Deum5, que se terminait le grand mystère de Greban, pour saluer notre rédemption, la réconciliation de Miséricorde et de Vérité qui tombaient dans les bras l'une de l'autre6 :
Dieu le Père disait :
Angles, pour conclurre le fait,
Mettez vous en belle ordonnance ;
Chantez par doulce concordance,
Menez joie parfaite et plaine Tant que la région haultaine En l’armonye de vos sons Resonne par doulces chansons !
(Musique7)
Et l’acteur, au Prologue final et total, demandait à la foule un chant :