‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 37 sur 183 · Émile Roy, op. cit., 2e partie, p. 27a · texte numérisé non relu

Émile Roy, op. cit., 2e partie, p. 27a

HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

L’Évangile sera sa source principale1 :

Poursuyvans sans prolixité L’Euvangile a notre sçavoir,

Sans apocriphe recevoir.

C’est par là, surtout, que Greban se distinguera de l’auteur de la Passion d’Arras, qui admettra beaucoup d’autres sources moins pures. Les évangiles, le commentaire de Nicolas de Lire sur les évangiles, un récit de la Passion en prose composé en i3g8 pour la reine Isabeau, tels sont les éléments principaux dont Greban s’est servi pour récrire la Passion d’Arras2, pour l’émonder aussi. Et l’on a pu dire que les célèbres Postilles donnent toutes, ou presque toutes, l'explication de la nouvelle Passion3.

Mais il faut bien avouer que ce qui ressort surtout de la comparaison entre les deux Passions, celle d’Arras et celle de Paris, c’est le mérite particulièrement littéraire de l'œuvre de maître Arnoul Greban, tandis que la Passion d'Arras a quelque chose de plus direct et de plus pathétique. Mais qui a lu et comparé les deux Passions comprendra la beauté rare et spéciale du grand mystère de Greban.

Son originalité n'est pas dans l’invention qui appartient en somme à la Passion d'Arras. Elle est dans l'entente générale de la composition, dans la manière de filer les scènes, dans le développement donné aux caractères, et surtout dans je ne sais quel sentiment artistique que décèle, un peu partout, le mystère4. Sentiment n’allant pas sans un certain maniérisme peut-être, qui amène Greban à répé-

2. Émile Roy, op. cil., 2e partie, p. 207-237 §. La Passion d’Arnoul Greban et les Postilles de Nicolas de Lire. — On peut y ajouter la Légende dorée, la Somme de saint Thomas, l'Histoire scolastique. 11 y a lieu de remarquer que c’est exclusivement à saint Thomas que renvoie la glose du manuscrit du Mans dans l'énumération des arguments de Miséricorde et de Pitié.

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