‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 40 sur 183 · PI. VI · texte numérisé non relu

PI. VI

Jean Meschinot à son pupitre

Copie des Lunettes des Princes, écrite pour l amiral Louis Malet de Gravilte (Sibl Nat., ms. fr. 24314, loi. 2)

JEAN MESCHINOT « LE BANNI DE LIESSE )) I g3

devait y donner à l'occasion de l'hommage breton. Richemont a soin de Meschinot. Ses vers lui sont payés généreusement. Et le trésorier de Bretagne enregistre sur son compte : « A Meschinot, pour un rondeau, cinq escuz1... »

Ce fut, pour Meschinot, une époque brillante qu’il rappellera plus tard ainsi :

J’ay eu robes de martres et de bievre 2,

Oyseaulx et chiens a perdriz et a lievre;

Mais de mon cas c’est piteuse besoigne :

S’en celluy temps je fu jenne et enrievre,

Servant dames a Tours, a Meun sur Yevre,

Tout ce qu’en ay rapporté, c’est vergongne.

Il nous dira encore qu'en ce temps-là, il couchait dans des lits tendus, qu’il savait jouer aux dés, aux cartes et à la paume.

Meschinot passa certainement à Blois et il y séjourna. Car ses compositions remplissent les derniers feuillets du manuscrit de Charles d'Orléans3, où elles ont été transcrites par une même main, mais sans le nom de l’auteur4 : pièces d une rare insignifiance d’ailleurs, d'un écuyer breton qui fait des grâces, où l’on peut remarquer un rondeau d’un joli mouvement :

M’amerez vous bien ?

une bonne indication, juste, du désespoir, feint ou réel, du poète amoureux qui dit à sa dame :

Souvent m’a veu pleurant par vaus et plains...

1. Nous ne renvoyons pas aux documents allégués par dom Lobineau et dom Morice, mis à contribution par M. de La Borderie, op. cit.

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