‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 42 sur 183 · I. Cachez. — 2. Les Bretons. — 3. A entrer en agonie · texte numérisé non relu

I. Cachez. — 2. Les Bretons. — 3. A entrer en agonie

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Les Lunettes des Princes

Édition de Nantes, 1493 (Bibl. Nat., Vélins 2232)

JEAN MESCHINOT « LE BANNI DE LIESSE

Jésus. Ainsi finit le bon duc François, le plus grant chevalier qui oncques ceignit espée... le jour Sainct Arnol, le xvn9 de juillet, l'an i45of »

Grand tableau, en vérité, où tous les traits sont admirables, et qui nous fait comprendre un Meschinot mieux que tout commentaire.

Et sous Pierre II (i45o-i457), puisque la victoire de Formigny a enlevé la Normandie aux Anglais, voici en Guyenne les bons soldats Bretons; ils donnent à Castillon « et firent tant, a l’aide de Dieu et par leur prouesse, que les Anglois tournèrent enfin le dos... » Au milieu d une belle tempête de coulevrines et de ribaudequins, Talbot a sa haquenée abattue sous lui, et lui-même est tué par les archers. La flotte bretonne est devant Bordeaux. Pierre II peut descendre à Tours, en 1 455 , vers le roi; il sera bien fêté. Prince de moindre entendement, esclave souvent des gens de sa maison, Pierre aussi est un Breton dévot, observateur des jeunes, un homme rude, aimant la mer et les exercices physiques, amateur de ballades, de ménestrels, des sonneries de clairons et de la musique de sa chapelle, un brutal parfois qui lève la main sur sa sainte épouse, la noble et raffinée princesse, Françoise d’Amboise, qui jouait si bien du luth et chantait doucement dans la haute salle du château de Guingamp, celle-là qui semblait plutôt mère que maîtresse du peuple breton.

11 est vieux, monseigneur Arthur, quand il succède à son neveu, le 22 septembre 1 4D7 , à soixante-quatre ans : il demeure le dur connétable, un vieil homme d’armes, ambitieux et énergique Breton qui a le goût de l’autorité et de l’ordre, le justicier qui a fait brancher tant de routiers devenus brigands et qui a bousculé les Anglais à Formigny. Un petit homme, laid et lippu. Et lui aussi, qui a cependant tant aimé les honneurs et la richesse, est un pieux et austère Breton,

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