Correction du ms. ; I et la bouche leur close
-Sa
l’I. VIII
Les Lunettes des Princes
édition du Petit Luurens, à Puris, s. d. (Bibl. Nat. Reserve Y'' 285)
JEAN MESCHINOT (( LE BANNI DE LIESSE
Tous maine a fin, n’est celluy qu’el 1 ne hape :
Pour t’exempter n’as point d’exception2...
Pugny seras sans modération,
O les damnez, soubz tresobscure trappe.
Et Meschinot, d’une manière assez romantique, faisait parler Raison à son sujet :
Et pour parler de ce dont tant te plaings,
Des grans ennuys et doleurs dont es plains,
Des povretez et miseres du monde,
Et qu’en plourer3 souvent par boys et plains,
Quant j’ay congneu et entendu tes plaings,
Il est saeson et droit que te responde...
Les grands vers, sentencieux et forts, ne manquent pas dans sa bouche :
Ton ame es cielx a grant paour 4 yra,
Et ta charongne en terre pourrira:
Plustost fauldra qu’elle ne fut tissue.
A ce départ, le fort et lent y sue :
Lave toy bien et ton default essue...
Alors Meschinot considérait, avec elle, le temps passé. Et Raison le mettait à son école, lui faisait de pieuses recommandations, comme de prier et de se confesser. Elle lui laissait un livre, intitulé Conscience, qu’il devait souvent lire. Pour le lire mieux, des lunettes étaient nécessaires :
Telles berilles jamais n’as tu veu d’œil,
Car qui les a ne pourroit avoir dueil.
Prudence est l’un qui est au costé destre,
L’autre Justice a nom, dont ne me dueil.
Ces deux tousdiz avec moy tenir sueil,
Qui enchassees en Force doyvent estre.
Tempérance ne va pas a senestre,
Mais est le clou du meilleu qui congnoistre Fait les lunettes estre tout d’un accueil.
Or pense donc combien cil est grant maistre,
1. I qu’il. — 2. Ms. T’en exempter ne peuz par action. 3. I pleurs. — 4. I ou en grant.