‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 53 sur 183 · Texte de Philippe Pigouchet · texte numérisé non relu

Texte de Philippe Pigouchet

HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

Et Nantes pleurait avec Jérémie; car la cité, pleine de peuple, demeurait alors comme une dame veuve. Nantes dénonçait le rebelle, le membre révolté contre le chef, annonçait la vengeance prochaine de Dieu contre ceux qui soulèvent de tels débats. Alors Meschinot maudissait les loups pasteurs.

Et Jean Meschinot dessinait encore sa « Commémoration de la passion nostre seigneur Jhesucrist », qui est comme son chemin de croix. Il avait une manière à lui, et qui est bien aussi de sa province, de mettre la religion en recettes pratiques :

Nous avons trois grans ennemys :

Monde, dyable et concupiscence.

Mais paradis nous est promis En faisant contre eulx resislence.

Pour ce, usons de sapience,

Laissant tout deshonneste jeu,

Et entendons o diligence

Qu’on ne perd riens qui ne perd Dieu !

Il faisait son oraison pour prier Notre Dame, assemblait les mots choisis formant des vers qu’on peut lire en rétrogradant; ou bien encore il composait cette prière où chaque vers commence par une lettre de Y Ave Maria. Comme Pierre de Nesson l’avait fait pour la Vierge, Meschinot disait à Dieu, <( pere des humains », qu’il lui appartenait par héritage ; et il lui rendait hommage.

Les yeulx de grosses larmes plains,

il attendait de la grande bonté de la <( mere du roy omnipotent » qu’elle voulût intercéder pour que ses manquements lui fussent remis. Dans un joli « rondeau de Nostre Dame a son enfant en faveur du pecheur », il lui faisait dire1 :

Mon enfant, voy quel oraison Ce pecheur illecques t’aporte ;

i. Éd. Ph. Pigouchet.

JEAN MESCHINOT <( LE BANNI DE LIESSE

Il se veult regler o raison,

Mon enfant voy quel oraison.

Son pere et sa mere or aison En leur ouvrant des cieulx ta porte :

Mon enfant, voy quel oraison Ce pecheur illecques t’apporte.

Ces vers, pieux et bizarres, évoquent tout à coup pour nous ces roides figures héraldiques des Heures d’Isabelle Stuart, l’épouse de François Ier, duc de Bretagne1, où les grands blasons sont multipliés dans les bordures, parmi les feuillages. Il semble encore que nous ayons sous les yeux le Missel des Carmes de Nantes, où tant de princes bretons prient dans leurs robes armoriées2.

Dans ces demeures des princes, il y avait un peu partout une peinture du roi mort, comme celle que la tradition attribue au roi René. C’est cette impressionnante figure que Meschinot invitait son maître à contempler dans la belle ballade :

Homme qui vas poursuyvant ta plaisance,

Querant honneurs et mondaine puissance,

Euvre3 les yeulx de ton entendement.

Advise toy, tu es en grant balance :

La mort viendra te frapper de sa lance,

Voyre d’un coup donné soudainement.

Tien t’en certain, ce sera bien briefvement.

Lors ton beau corps que nourris tendrement Deviendra vers et orde pourreture,

Plus vil cent fois que ceste pourtraicture...

Que te vauldra ta richesse et chevance,

Ta grant beaulté, tes amys, ta sçavance Quant devant Dieu viendras au jugement?...

Car en enfer, par la juste ordonnance Du Tout Puissant, sera ta demourance,

En plaings et pleurs, voyre éternellement,

Sans nul repos, sans espoir d’alegeance,

1. Bibl. Nat., ms. lat. i36q ; G. Couderc, Album de portraits, pl. LXXI, LXXXV.

2. Voir les quelques figures gravées dans dom Lobineau, et surtout les reproductions données dans Illustrations oj one hundred Manuscripts in the libraiy of H. Yates Thomp¬

son, vol. I, n° 34. — I Eupvre.

HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

Pire que mort et en telle meschance Qu’on ne sçauroit le dire nullement.

Ne vueillez plus pecher mortellement ;

Te souviengne de la mort tellement Que ton ame preigne sa nourreture A Dieu servir, pour fuyr la poincture De celluy lieu ou n’a aulcun confort...

Prince, vise ceste vile paincture

Qui gist envers, plaine de grant laidure !

Tu deviendras en tel estât, au fort.

Pour ce, pourvoy tant que ton bref temps dure,

Qu’il ne te faille, a la fin qui est dure,

Congnu ton cas, mener grant desconfort.

Les vers de Meschinot, ces vers moralisateurs, quand les premiers éditeurs les publièrent, ils leur donnèrent comme l’aspect d’un livre de prières, d’un livre d’Heures. Ils les illustrèrent des bois dont ils se servaient pour décorer ces sortes de livres. C’est en tournant les feuillets de l’édition que donna à Nantes, en 1 4 q3 , Etienne Larcher, que nous comprenons vraiment ce que virent les contemporains de Meschinot dans ses Lunettes. Sur la page du titre on trouve les lis de France et l’hermine de Bretagne; puis, au verso, la scène de la résurrection et du jugement avec les anges qui cornent, les damnés précipités dans les flammes, et l’étonnante inscription : Principes persecuti surit me gratis. Un petit calvaire (on n’est pas surpris de le voir en tête de ce livre breton) orne le début de la méditation de Meschinot :

Après beau temps vient la pluye et tempeste...

Et le poème se termine par cette belle image des anges qui soulèvent l’énorme calice où coule le précieux sang. Un peu partout nous voyons des morceaux de bordures de livres d’Heures avec des fleurs, des pâquerettes et des oiseaux. Au dernier feuillet enfin, comme pour affirmer la double origine de l’inspiration de l’œuvre, le noble écu de France et de Bretagne, celui de la reine Anne. Et dans l'édition que donna

JEAN MESCHINOT (( LE BANNI DE LIESSE

Étienne Larcher1 en 1 4 9 4 , nous retrouvons encore l'image du Graal sur le litre, et, en deux endroits, la représentation d’Adam et d’Ève chassés du Paradis2.

Quand Meschinot s’éteignit, en 1 49 t , il y avait longtemps qu’il n’écrivait plus. Les Lunettes des princes ont été composées, comme on l’a dit, entre i458 et i46i. La dernière pièce historique du recueil est de l'année 1 473 . Il semble bien que Meschinot n'ait rien composé postérieurement à cette date3. Meschinot n'écrivait pas parce qu'il était de plus en plus employé à la cour de Bretagne et dans la maison de Laval. Enfin, les motifs de ses plaintes avaient cessé d’exister. Meschinot n’était plus mélancolique. Il se taisait parce qu’il était heureux.

Cependant, trois ballades qui n'ont jamais été recueillies ailleurs, et que nous trouvons seulement dans l’édition des Lunettes que publia, à Nantes, Étienne Larcher, en 1 4g4 , paraissent être de la vieillesse de Jean Meschinot. Ce sont de belles, de grandes et sentencieuses ballades, où il s’est peint au vif mieux que dans tout portrait. Car Meschinot était un homme sincère, qui n'a jamais parlé que pour exprimer, d’une façon simple et fruste, toute sa pensée. Une fois de plus, il personnifiait les figures symboliques des Vertus :

1. Il est intéressant de rappeler à ce propos qu’Étienne Larcher paraît avoir été initié à l’imprimerie par son frère, Jean Larcher, dit Dupré, qui publia à Paris des livres d’Heures et autres dont l’illustration doit être rapprochée des éditions nantaises (Georges Lepreux, Gallia typographica, t. IV, p. 2 35). Jean Dupré a publié à Paris une édition des Lunettes (Bibl. de Nantes, incunable i54).

2. Il est inutile de poursuivre plus avant l’histoire de cette illustration. Dans l’édition du Petit Laurens, à Paris, datant de la fin du quinzième siècle (Bibl. Nat., Rés. Ye 280 ; Bibl. de Nantes, Inc. 98) la première figure : Principes persecuti sunt me gratis, représente une crucifixion et le portement de la croix; le livre se termine par la figure delà Trinité qu’adorent les anges (C y finist les lunettes des princes). L’édition donnée à Paris par Philippe Pigouchet, en i4g5, est illustrée, au verso du titre, d’une belle figure de la Crucifixion de même que celle de Jean Treperel, en i4pg (Bibl.de Nantes, inc. 99). Plus tard l’intérêt semble se déplacer. C’est la figure des princes qui chassent à l’oiseau, la scène du clerc moralisant les gens du conseil, que l’on rencontre surtout.

3. M. A. de La Borderie a relevé chez Meschinot des allusions inexistantes à la lutte de Landais et de Chauvin, ou contre les Bretons ajliés à la France (1487), etc.

232 HISTOIRE POETIQUE DU XVe SIECLE

Virginité, Chasteté, Continence,

Font assavoir aux dissoluz humains Que, s’ilz ne font de Luxure abstinence,

Qui aujourd’huy fait grant dommage a maintz,

Dieu y mettra, par justice, les mains,

Et leur fera pugnilion terrible :

Car ce péché, très puant et horrible,

Luy desplaist plus qu’on ne sçauroit penser.

Nous deussons, las! puisqu’il est tant nuysible Nostre bref temps en vertus despenser.

Il proclamait cette égalité, qui est à la base de tant de sentiments dans la province de Meschinot. Car cela ne sert à rien, la <( preeminence », la situation d’empereur, de pape, de roi des Romains, si l’on n’a ni bonté, ni conscience nette :

Telz ont grans biens qui souvent valent moins Que les povres...

Enfin, tous nous devons mourir :

Peres, meres, enfans, cousins germains,

Ne feront pas notre cas remissible !

Et la prière que Meschinot adressait à Dieu, c’était de ne plus l’offenser davantage.

Dans une autre pièce, il s’adressait aux jeunes filles pour leur instruction; et Meschinot traçait le portrait idéal, plein d’intérêt, des « filles d’honneur » qu'il a pu voir dans la maison de Bretagne ou dans celle de Rohan :

Fuyez plaisir dont la fin est reprouche,

Filles d’honneur ; gardez-vous nettement,

Ayez regart rassis, maintien et bouche Par Chasteté conduys honnestement...

Et Meschinot leur demandait encore de ne pas dormir trop longuement, d’adopter de dures couches; de ne pas endurer les hommes qui voudraient leur parler d’ordures. Car leur vraie beauté, c’est celle de leur âme ; à ces jeunes filles, durement sans doute, Meschinot rappelait que leurs jours étaient

PI. xi

Les Lunettes des Princes

Édition île N unies, 1494 (Bibl. de Chambéry)

JEAN MESCHINOT « LE BANNI DE LIESSE

courts. Et, peut-être, Meschinot parlait à ses propres filles. Car l’envoi de cette « introduction » à la vie curiale semble bien l’indiquer :

O mes filles, ce n’est pas nouveauté Que je desire et veulx l’onnesteté De toutes vous, et souvent y a cours ;

Vous sçavez bien que je dy vérité :

Pourvoyez y, car voz jours seront cours!

Mais oui, on le savait déjà que Meschinot aimait par-dessus tout la vérité et l’honnêteté! Dans une autre ballade enfin, qui paraît bien du même temps, Meschinot nous disait sa pensée politique, la douleur que c’est de voir le feu dans sa propre maison, c’est-à-dire la guerre fratricide. Il nous dépeint cette époque de foi, où les habiles osent, où les prudents redoutent, où le peuple prie, en termes simples et vigoureux :

L’une des grans douleurs de soubz la lune,

C’est voir1 le feu en sa propre maison;

Mais trop plus est voir 2 la guerre commune En ung pays, et sans nulle achaison...

Les causes des malheurs de son temps, Meschinot nous les énumérera :

Jenne conseil et celée rancune,

Propre proufit ont fait des maulx foeson...

Il dénonçait aussi les hommes malhonnêtes, ceux qui avaient tout perdu par leurs faux rapports. Mais il avait la sagesse de le dire : N’accusons cependant personne , pas même la Fortune. Les plus grandes fautes, c’est nous qui les avons commises :

Prince des cieulx, cil qui confessera Ta grant valeur plus ne t’offensera,

Ne ne vouldra jamais guerre esmouvoir;

Mais unyon et paix compassera,

Benoists soient ceulx qui en feront debvoir !

Pas plus qu'il n’a fait de satire contre Louis XI, Meschinot

i. Voyer. — a. Voyer.

234 HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

n’a fait d'allusions vengeresses à la lutte de la Bretagne et de la France. C'était un bon et pieux Breton, un dur et parfois un fort poète; mais il était moraliste et non satiriste. S’il a combattu avec l’épée, Meschinot ne l a pas fait avec la plume. Il a aimé ses princes en loyal serviteur, comme le bon maître de leur hôtel doit le faire. On ne le voit pas « attaquant résolument les oppresseurs, les parjures, les traîtres, défendant jusqu’au bout la patrie bretonne 1 ». 11 aimait trop sa terre de Bretagne pour cela.

Sa patrie, c’était sa foi, la maison de ses princes. 11 a aimé infiniment à moraliser, à raisonner sur l'homme et sa destinée. Et ceux qui Font lu ont pris visiblement un grand plaisir à tant de leçons qui nous rebutent. Bien plus, Meschinot a toujours prêché la concorde, l’union; il a maudit la guerre, en bon chrétien qu'il était. 11 a aimé la F rance comme le connétable son patron, et écrit un français très pur. S’il a gardé le silence, après 1 , c’est qu’il n'avait plus rien à exprimer :

Ceulx qui deussent parler sont mutz,

Les loyaulx sont pour sotz tenus...

Au fait, avait-il quelque chose à dire au temps de François II? Etait-ce le moment de moraliser devant cette cour, dévote certes, mais si différente de celle que Meschinot avait connue? Ses sentiments politiques n’étaient-ils pas incertains2, comme ceux d’une grande partie de la noblesse bretonne, sinon du peuple breton ? ETne seule fois, la France qui parle accusera Louis XI ; mais c’est tout autant pour accuser la guerre, dénoncer le passage de gens d’armes qui foulent le pays. Meschinot aime surtout l'union et la paix. Son cœur souffrira des divisions qui vont se faire jour. Il a servi

i. A. de La Rorderie, op. cil., p. 118.

a. Pierre Le Raud arrêtera sa chronique à l’année i458 et dira dans le prologue adressé à Anne de Rretagne qu’il ne parlera pas de son père François, « ne me semblant pas estre convenable excripre les gestes des vivans en leur temps » ( Histoire de Bretagne, Paris, iô38). Celte raison est elle plausible? Tous les chroniqueurs de ce temps sont des panégyristes de leur patron vivant.

JEAN MESCniNOT <( LE BANNI DE LIESSE »

les ducs, ennemis des Anglais; le connétable, soldat de la France. Et voici ses princes, encore une fois, entre les mains de l’ennemi d’alors !

Par ailleurs, Meschinot est très occupé, et sans doute préoccupé aussi. Que dirait-il à François II, dans cette cour qui s’amuse *, le pauvre écuyer qui venait d’évoquer les ducs défunts et la mort P Alors retentissaient les chants des ménestrels, les mélodies des joueurs de doucemer, les accents des trompettes; et les dames paraissaient chargées de bijoux, dans des robes de velours et de satin. Alors l’ancienne maîtresse de Charles VII, la cousine d’Agnès Sorel, Madame de Villequier, qui a passé la quarantaine et qui règne sur le cœur du duc François, dispose de tout, à son bon plaisir. Conspirations, intrigues, alarmes, trahisons locales, voilà ce qu’il aurait noté :

Compains? — Ilau — Congnois — Qui ? — La court.

Comment? — Voy — Quoy ? — Ses grans abus.

Qu’esse en effect? — Ung bien — Quel ? — Court.

Qui gouverne? — Flateurs — Qui plus?

Traison ! — Et Bonté ? — En refus !

Puis Meschinot voit Nantes assiégée par les Français, la rude bataille de Saint-Aubin-du-Cormier (i486) où, dans la lande, ce héros et ce grand chef de vingt-sept ans, Louis de la Trémoille, fait un si grand carnage de Bretons. Il voit capituler Saint-Malo; la mort de François II, malade, affaibli par les plaisirs, « chargé d’ennuy, de vieillesse et de mélancolie » et que l'on conduit reposer au couvent des Carmes.

De cette petite fille qui a douze ans en 1489, une âme forte et un grand cœur, de cette petite Bretonne, maigre, menue et boiteuse, mais dont le visage arrondi, aux traits forts, aux yeux vifs et clairs, est si plaisant, de cette enfant fraîche et rose, docte comme pas une, sage et bien disante, Jean

1. Amour sodale, Amour folle, l’apostrophe aux jeunes gens, voilà des pièces qui pouvaient plaire aux jeunes nobles de Bretagne.

HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

Meschinot va devenir le grand majordome, son « principal maistre d’hostel ». Il respire : mais il est vieux (il a soixantedix ans) et affairé auprès de ce bouton de fleur autour duquel tournent d’inquiétants prétendants : ce Maximilien, aigle déplumé déjà ; le vieux sire d’Albret ; Rohan, qui n’est qu’un jouvenceau et l’éclatant soldat qu’est Charles VIII, ce héros qui deviendra le mari, mais qui n'est encore qu’un ennemi. Car voici Rennes assiégée « et la fille qui estoit dedans1 », quand meurt le vieux serviteur, Jean Meschinot.

La duchesse Anne, enfermée dans Rennes, la voilà maintenant Française, quand Molinet, pour son archiduc, fera le serment de la ramener dans les Flandres d’Espagne et de bourgogne. Elle arrive en France, au nez de l’Anglais, par un mariage qui est aussi un enlèvement, mais où les spadassins sont des soldats, et qui viennent de taper dur.

Et voici Madame Anne couronnée à Saint-Denis; elle entre à Notre-Dame de Paris, sous le dais où les C et les A sont entrelacés. Et Justice, un personnage d’échafaud, récite ces vers :

Resjoy toy, bon peuple, soirs et mains,

Car il est temps que tu ty détermines,

En rendant grâce a Dieu et a ses saints De veoir les lys accompagnés d’ermynes...

Au fond, elle se donne, la duchesse Anne, comme se sont donnés tant de vaillants soldats bretons, de fiers marins, de connétables loyaux et experts, comme tant de vertus françaises qui ont lleuri sur ce sol aux dures assises. Et Meschinot, le soldat gentilhomme, serviteur de la duchesse, était bien un type d’homme droit, le meilleur Français de lettres de ce temps depuis maître Alain. Les « lys, accompagnés d’ermynes », nous les verrons précisément sur l’édition que donna Etienne Larcher, à « Nantes la brette », Fan i4q3.

Mais quel personnage nous parle encore au dernier feuillet

i. C’est le mot de Commynes.

JEAN MESCHINOT <( LE BANNI DE LIESSE

des Limettes des princes1, dans les éditions qui suivirent l’édition princeps? Le principal acteur de cette « comédie» qu’est l’histoire littéraire du quinziéme siècle : La Mort.

Et la pièce est vraiment trop typique pour ne pas être reproduite dans sa disposition même2:

La mort parle a l’homme [mondain] 3

Ren toy.

Tu le sauras.

Grevé nature.

Tu en mourras.

Temprement.

En pourreture.

Va confesser,

Car je ne sçay meilleur trouver.

A qui ?

Et qu’ay je fait ?

Qu’en sera il ?

Quant ?

C’est chose dure.

Las ! ou yray je?

Conseil il me fault.

Tu le diras.

Si l’endure Tu pardonras D’entente pure .

Sainte Escripture.

C’est mon conseil, par ce prouver, Car je ne sçay meilleur trouver.

Se j’ay pechié Et s’en ay peine ?

S’on m’a meffait ?

Dieu, et comment?

Et qui dit ce ?

La foy tiendras Tu dis droicture Tu le rendras Tu en feras Aux pouvres Leur nourreture.

La pasture

Que prebstre scet sacrer,

Car je ne sçay meilleur trouver.

Je me rens donc.

Ce feray mon.

Se j’ay l’autruy ?

Se j’ay avoir ?

A qui?

Quoy ?

Que mangeray je?

Quelle ?

1. J’ai liré cette pièce de l’édition parisienne de Philippe Pigouchet, 1 4 9 5 (Bibl. Nat., Ye i3i3). O11 la trouve à cette place dansle ms. de la Bibl. Nat., fr. a43i4.

a. J’ai suivi le texte et la disposition du ms.fr. a43i4. La disposition est sensiblement la même dans l’édition de Pigouchet. — 3. I je corrige humain.

HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE Prince

Que veulz lu ? Je vous jure

Quoy ? Que je croy

La vierge pure

Que Dieu créa pour nous sauver,

Car je ne sçav meilleur trouver.

Explicit.

Signature autographe de Henri Bande

Page 1