Vallet de Viriville, Nouvelles recherches..., p. io
3. Surtout ceci, cf. Antoine Thomas, H. Baude devant la Cour des Aides, dans la Romania, t. XXXVI, 1907, p. 65-66.
4. Bibl. Nat., ms. fr. 23 go3,fol. 72ro, recueil d’impositions de tailles en Limousin signalé par M. Antoine Thomas.
HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE
prendre sur lui de les faire arrêter et à jeter dans les prisons du seigneur d’Aix, Guillaume de Pagnac, chevalier. Ainsi Pierre de Roffignac, qui n’était pas sans influence et qui appartenait à une famille noble du pays, fut enferré par les mains avec de petites manicles reliées à une pièce de bois ; puis il porta des fers aux pieds, jusqu’à sa délivrance par le juge des élus1. II saura se venger.
Et maître Henri Bande allait apprendre qu’il est bien difficile d'administrer les deniers publics sans être à l’abri de tout soupçon. Déjà son prédécesseur dans Poflice d’élu, Jacques de La Chambre, avait dû résigner son office à la suite d une condamnation de la Chambre dés Comptes pour concussion. La même infortune devait arriver à Baude dans le même emploi.
Au temps du roi Charles VII, au témoignage de Baude, les petits officiers étaient nommés suivant un rôle que le roi lui-même vérifiait2. Ces offices ne pouvaient être acquis que par des gens idoines, à un prix raisonnable et taxé. Ainsi, l'office d’élu valait de 3oo à 4oo écus au plus. C'était juste de quoi vivre sur les gages « pour ce qu’on faisoit garder la raison a ce qu'ilz ne feissent aucunes exactions » : par contre, les élus demeuraient assurés du lendemain et jouissaient de situations stables. Mais ils avaient à compter avec les Etats provinciaux qui surveillaient très jalousement, on l'a vu, leurs faits et gestes. Ce sont eux qui dénoncèrent Henri Baude au conseil du roi. Emprisonné pendant quatorze mois, Baude vit finalement son innocence reconnue; et quelques-uns de ses accusateurs furent condamnés comme faux témoins. Car Baude avait été relaxé avec la faculté de poursuivre ceux qui l'avaient fait jeter en prison.
1. Antoine Thomas, H. Baude devant la Cour des Aides, p. 65-66.