‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 61 sur 183 · Ibid., p. 56. — 4- Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p. 56. — 4- Ibid., p

5. Ibid., p. 6a-68. — Dans tous les cas après i48a « Nous avons paix ».

HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

L'expérience, toujours un peu morose, parie ici. Et l’auteur intervientà peine, seulement à la fin, parla voix de «facteur », comparant ces deux voix à celles des gélinos du village qui se répondent, comme s'il avait voulu prendre lui même une attitude prudente :

Comme de ces deux personnaiges,

Tous leurs faiclz ne sont que langaiges ;

Quant l'un parle, l’autre respont.

Mais revenons au jeu des clercs du Palais qui fait que Bande tient alors prison. Car ces représentations publiques avaient été interdites par un arrêt du Parlement en 1470 L Un procès de l’année i4731 2nous permet d’ailleurs de comprendre les sévérités d’une répression qui allait jusqu’au bannissement des clercs joueurs de farces et à la correction de verges aux carrefours de Paris3; nous y trouvons également le programme de la fête qui peut s’appliquer au jeu donné par Bande.

Cette représentation avait lieu traditionnellement au Palais, dans la grande salle, et sur la table de marbre à l occasion de la fête des Bois (la fameuse table qui servait au repas du roi lors de son entrée à Paris et qui, ce jour-là, devenait le tréteau des clercs). Les jeunes employés des procureurs et des avocats, qui se nommaient les Basochiens, en étaient les acteurs. La cérémonie se déroulait suivant un protocole invariable. Trois ou quatre jours avant la fête, un clerc choisi parmi ceux possédant « lionne voix, haulte et raisonnant » faisait le cri4, c’est-à-dire publiait le rôle ou annonce

1. Arch. Nat., Xia i486, fol. 162 vo , et non en 1 4 7 7 comme le disent les frères Parfaict. Cf. Ad. Fabre, Études historiques sur les clercs de la Basoche, p. i5ç), 160.

2. Arch. Nat., X2a3(), 26 janvier 1 4 7 3 n. st. (document découvert par Marcel Schvvob).

3. Arrêt du 19 juillet i477 cité par Ad. Fabre, op. cit., p. 160, n.

4. Nous avons conservé un charmant a Cri » sous forme de ballade composé par Roger de Collerye pour l’abbé de l’église d’Auxerre et ses suppôts.

« ouquel sont escriptz de toute ancienneté les personnages qui ont acoustumé cl’estre appelez en la sale du Palaiz, le le jour et veille des Roys; que le roy de la Bazoche est fait roy de la feve. Premièrement y est appelé Dieu, Nostre Dame, les presidents, conseillers, et autres ofliciers de céans etd’ailleurs ; et mesmement y est nommé et intitulé partie adverse, des six ans a, fourrier d’amours du roy de la Bazoche et esmailleur de hanaps a pié, comme de ce peut apparoir par les anciens rôles sur ce faiz1... ». Ce n’étaient pas là des appellations bien honorables, puisque fourrier d'amour « est a dire maquereau et esmailleur de hanaps a pié, qui est a dire savetier », surtout lorsqu’on les applique à un archidiacre de Troyes, d'une bonne famille de financiers, Charles Cadier. Ces critiques des clercs du Palais, offensantes pour l’honneur des familles, demeurèrent dans la tradition de la Basoche2. Ce sont elles qui durent amener la défense rigoureuse faite aux clercs par le roi Louis Xï de donner ces représentations : mesure qui fut rapportée sans doute au début du règne de Charles VIII, puisque Baude put faire représenter régulièrement son jeu en i486. Mais le genre du moins avait évolué. Au lieu d’attaques directes contre les personnes, « sans respect ni exception », il s’agit ici d’une satire d’un caractère général, d'une allégorie, d’une moralité comme on dira bientôt. Henri Baude ne fut cependant pas plus heureux que ses prédécesseurs; et ce fut seulement Louis XII qui rendit aux clercs de la Basoche leurs libertés anciennes.

Nous connaissons seulement le thème de la moralité qui valut à Baude d'être mis au Châtelet; elle est désignée, à l’audience du 1 1 mai i486, le « jeu joué par les clercs du Palais2 ».

Page 1