‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 62 sur 183 · Arch. Nat., X2a5i ; J. Quicherat, op. cit., p. ii · texte numérisé non relu

Arch. Nat., X2a5i ; J. Quicherat, op. cit., p. ii

HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

C’était une satire contre ceux qui s’opposaient au cours de la justice et d'un caractère, semble-t-il, assez général. La représentation avait eu lieu le ier mai, avec l’agrément de la cour du Parlement, suivant les usages traditionnels de la Basoche.

Or le 3 mai, de Montereau-fault-Yonne, partait une lettre royale ordonnant au lieutenant criminel du Châtelet de Paris, maître Jean de La Porte, de saisir au corps quatre des plus coupables parmi les organisateurs de la représentation, de les faire mener au château de Melun, de retenir les autres prisonniers au Châtelet. Car, on Lavait rapporté au conseil : (t Aucuns, soubz umbre de jouer ou faire jouer certaines moralitez et farces, ont publiquement dit ou fait dire plusieurs parolles cedicieuses, sonnans commocion, principalement touchant a nous et a notre estât1. »

Ainsi, à minuit, les portes de la maison de Baude sont brisées; il est jeté dans une prison du Châtelet dont les gens du Parlement le feront sortir-. Car eux, ils n’entendent pas obéir entièrement à la lettre royale, et la Cour autorisait seulement le lieutenant criminel à faire le procès des coupables à Paris3. Une copie de la « sotie et moralité » lui était baillée, le n mai ; précieuse copie que le lieutenant promettait de rapporter à la Cour toutes les fois qu’elle l’exigerait. Baude, de son côté, faisait agir des influences: le i3 mai, l’évêque de Paris le réclamait pour sa justice, comme clerc, et la Cour ordonnait que Baude et ses compagnons fussent transportés à la Conciergerie du Palais. C'est là un des innombrables épisodes illustrant la vieille rivalité des deux juridictions parisiennes. Car les clercs qui furent, avec Baude, amenés à la Conciergerie n'étaient pas des gens de rien : Sauvin est le frère d’Etienne Sauvin, procureur; Christophe Lefèvre, clerc de Michel Joly, est le frère d'un orfèvre, bourgeois de Paris4.

i. Arch. Nat., X2a5i, audience du 10 mai i486 ; J. Quicherat, op. cit., p. 1 1 3 n5, — 2. Seconde épître de Baude au duc de Bourbon (J. Quicherat, op. cit., p. 71).

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