J. Quicherat, op. cit., p. ii5. — 4- Ibid., p
pi. xiv
Le Roi, ses Conseillers et le fidèle chien Baude
(Bibl. Nat , ms. lat. 6222e, fol. 42 v°)
La veille de ce transfert, une bonne scène devait se jouer à l'audience. Les gens du roi venaient réciter à la Cour le jeu des clercs du Palais que les gens du Parlement connaissaient mieux qu'eux, et ils leur demandaient d'en écrire au roi. Baude d’ailleurs ne devait pas être rendu à l’évêque de Paris; il devait demeurer, jusqu'à son élargissement, à la Conciergerie. Le lieutenant criminel venait pour l'y interroger, pour chercher à lui faire déclarer si quelque prince ne l’avait pas encouragé à accuser particulièrement quelqu’un dans la sotie incriminée1. Et c’est là que, se morfondant, Baude se souvint qu il était né à Moulins, qu’il avait pour seigneur le duc de Bourbon2.
C'était alors un vieil homme que le duc Jean II, et assez près de sa fin3. Sa réputation de bonté était grande; il avait beaucoup aimé les beaux livres-4 5, les poésies et, dans sa jeunesse, il avait rimé en compagnie de Charles d’Orléans®, avant de devenir un beau soldat 6 7 et un administrateur -. A Moulins, il y avait une petite cour, semblable à celle de Blois où le duc de Bourbon avait passé sa jeunesse. Tout cela François Villon l’avait su jadis, quand il avait entrevu la <( bonne ville » d'Espérance, comme un hâvre, sur son douloureux chemin. Et il avait nommé le duc Jean son seigneur, exactement comme Baude le fera.
i. J. Quicherat, op. cit., p. 78. — 2. Ibid., p. 69.
3. La Mure, Histoire des ducs de Bourbon et des comtes de Forez, n. éd. p. p. de
Chantelauze, t. II, p.
4. Le Roux de Lincy, Catalogue de la bibliothèque des ducs de Bourbon précédé d'une notice sur les anciens seigneurs de ce nom et sur leur goût pour les livres. Paris, i84g ; L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits, I, p. i65 et sqq.