‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 90 sur 183 · PI. XVIII · texte numérisé non relu

PI. XVIII

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Le message de Jean Robertet à son ami Montferrand

iBibl. Nat., ms. fr. 1174. fol. 1 r°)

Lui-même avait des prétentions, plutôt que des titres réels, à la gloire littéraire. Jadis il était entré en rapports avec Charles d’Orléans, ami de la maison de Bourbon; et il avait fait un magnifique éloge de ce prince, tout en s’excusant, comme « indigne a porter plume », d’oser écrire des petits vers après les « hauts écrits » de ce seigneur1,

De rudes mains, plus pesant qu’un enclume.

Attitude respectueuse que Jean Robertet conservera toute sa vie envers les princes terriens comme envers les seigneurs de la poésie, dénonçant sa rusticité qui ne pouvait bien n’être qu’apparente, cette plume qui avait fait, au demeurant, la fortune de sa race.

Puis Jean Robertet avait pris part au concours de Rlois sur le thème « Je meurs de soif auprès de la fontaine »2. Il rimait une complainte sur un scandale parisien de l’année i468, l’enlèvement de la belle Etiennette de Besançon par le galant Gaston de Foix3; rédigeait une épitaphe pour un fou de Monseigneur de Bourbon, messire Galmier4. Mais surtout il était tout rempli de la nouvelle beauté païenne. 11 se représentait contemplant la beauté de Vénus0 et il avait traduit les six Triomphes de Pétrarque6. Enfin, il était le champion des rhétoriqueurs bourguignons qu’il introduisit en quelque sorte dans le milieu de la maison de Bourbon, milieu tout préparé par l’histoire pour féconder ces dangereuses semences.

C’est ce que nous apprend ce très curieux poème mêlé de missives en prose: Les douze dames de Rhétorique1 . Nous y voyons que le seigneur de Montferrant, bon et sage écuyer, gouverneur de Monseigneur Jacques de Bourbon, avait fait à

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