‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 10 sur 136 · CHAPITRE II. SI · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. SI

chacun d'eux basés sur d'anciennes constitutions féodales, n'étaient pas clairement définis. Ces débats donnèrent lieu, en diverses occasions, à des luttes sanglantes entre les comtes de Flandre et de Hollande. Ce dernier, vaincu en 1167 par son rival, consentit à partager avec lui la suzeraineté des îles situées entre le fleuve et Hedenzee. L'autorité du duc de Brabant, en qualité de marquis du Saint-Empire, était reconnue de Rupelmondeàla frontière de Zélande. Il percevait des droits de vinage, de tonlieu et de fanal à Vossevlietshille, dans l'Ile de Tholen, à Eendrechtermuiden, à Borchvliet, à Ossendrecht, à Santvliet, à Haernisse, à Heerenscapstol et à Vortvurenmuiden. Le seigneur de Breda, vassal du duc, recevait les douanes de de Schakerloo et de Berg-op-Zoom. D'autres vassaux du Brabant exigeaient certaines redevances à Yalkenisse, à Bill and, à Àgger, à Hinkeloir et jusque dans l'île de Sud- Beveland. Les Anversois ne furent affranchis que peu à peu de ces péages multipliés, et encore cette franchise de droits ne porta-t-elle d'abord que sur les marchandises qui leur appartenaient en propre, et non sur celles qui avaient été vendues à des étrangers, même lorsqu'elles se trouvaient à bord de navires nationaux.

Des travaux hydrauliques fort utiles avaient été exécutés par les populations riveraines. Une forte digue, s'étendant de la rive gauche du Zwyo jusqu'à Damme, passant à Biervliet et se prolongeant ensuite dans la Flandre impériale jusqu'à Saeftingeu, protégeait tout le nord du

pays contre les envahissements de l'Escaut occidental. Indiquée avec soin sur une carte de 4288, celte digue avait ses ramifications jusqu'à Breskens, c'est à dire fort loin vers la frontière hollandaise. On en distingue encore quelques restes dans des cartes plus récentes, du xvi* siècle par exemple, conservées aux archives provinciales de Gand. On a découvert aussi, dans ce dépôt, un diplôme de 1239 où il est question de l'association formée pour l'entretien de ces ouvrages, dont la surveillance était attribuée à des échevins spéciaux. On fait mention, dans le même acte, des adaquationes ou canaux d'écoulement établis sur ce territoire. Plus tard, à mesure que les eaux empiétèrent sur la rive méridionale, on recula la digue vers l'intérieur du pays.

La ville d'Anvers, en pleine vote de prospérité, reçut de nouveaux agrandissements durant le xtn e siècle. Des navires hambourgeois, de médiocre tonnage, remontaient déjà l'Escaut à cette époque. Le duc de Brabant, afin d'activer ce mouvement, accorda aux bourgeois de Hambourg la liberté de trafiquer dans tonte l'étendue de ses États. Les Flamands se montraient non moins soucieux de leurs intérêts commerciaux. Ils canalisèrent laDendre, eu 4285, depuis Grammont jusqu'à Àlost. Un réseau de voies navigables reliait entre elles les principales villes du pays, et les Gantois entretenaient toute une flottille de bateaux sur l'Escaut et sur la Lys, par lesquels ils communiquaient avec le Rhin et la Meuse.

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