CHAPITRE II
Origine de quelques Tilles riveraines. — Arnoul de Flandre et Othon de Saxe. — Le marquis Gotheion. — Use flotte flamande dam l*Escaot. — Les marins anversois aux croisades. — Premier agrandissement d'Anvers. — Conflits de juridiction. — Droits de narigatien. — Travaux hydrauliques exécutés par les Flamands. — Prospérité d'Anvers. — Canalisation de la Dendre. — Relations commerciales des
Gantois. — La suzeraineté des fies de la Zélande. — Diplomatie anversoise.
Expédition d'Edouard 111. — Débordement de l'Escaut occidental. — Anvers sous la domination flamande.
La présence des Normands dans nos provinces, en for* çant les colons à se rapprocher les uns des autres poflr mieux résister à une attaque soudaine, fut favorable au développement des villes. Plusieurs cités, destinées à devenir plus tard riches et puissantes, s'étaient formées, durant le 11 e siècle, sur les bords de l'Escaut. Au dessus de Tournai, déjà célèbre dans l'histoire, on découvrait la première enceinte d'Audenarde, fondée en 840. Plus loin, au confluent de la Lys, se présentait Gand, connu pour ses tanneries. On y percevait certains droits de ton lieu, auxquels étaient astreints tous les navires qui remontaient
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et descendaient le fleuve. Le port d'Anters continuait à être peu fréquenté, les marins préférant, en général, aborder sur les côtes flamandes, qui renfermaient alors des havres immenses, admirablement situés.
Le nom de l'Escaut ne reparaît dans nos annales que vers le milieu du x 6 siècle, à propos des dissentiments qui éclatèrent entre le comte Arnoul et Otbon de Saxe. Le prince allemand, se croyant trahi par son ancien allié, lui enleva une partie de la contrée située sur la rive gauche de l'Escaut, de Gand vers Bouchaute, et la réunit à l'empire. Il érigea Anvers en marquisat, en y comprenant, indépendamment des localités voisines, le pays de Ryen et d'Arkel, la bar on nie de Breda et la seigneurie de Berg-op-Zoom.
Gotbelon, premier marquis d'Anvers, mourut en 1044. Son fils Godefroid s'étant révolté contre l'empereur Henri III, celui-ci le dépouilla de ses États. 11 s'ensuivit de longues hostilités, durant lesquelles une flotte flamande, envoyée au secours du prince, remonta l'Escaut et se présenta devant le château d'Anvers, où Frédéric de Luxembourg, le compétiteur de Godefroid, s'était retiré. Les assiégés -se défendirent vigoureusement, et forcèrent leurs ennemis à la retraite. Le marquisat retourna néanmoins à son ancien titulaire à la mort du prince luxembourgeois, survenue en 1065.
Quelques marins anversois prirent part aux premières croisades et s'y distinguèrent. Deux d'entre eux, Sterkholff
et Bernard, attaqués brusquement par plusieurs galères ennemies, écrasés par la supériorité du nombre, semblaient sur le point de devoir se rendre, lorsque l'habileté de leurs manœuvres les sauva. Plus tard, à la suite des prédications enthousiastes d'Arnoul, célèbre missionnaire flamand, quelques navires, chargés de pèlerins, mirent à la voile dans l'Escaut. Ils rallièrent sur les côtes une flotte considérable, venant d'Allemagne, et partirent pour l'Orient. Arrivés en Portugal, les croisés aidèrent Alphonse I er à s'emparer de Lisbonne, puis, continuant leur voyage, parvinrent jusqu'en Palestine, où ils rendirent de grands services.
Le marquisat d'Anvers, peu florissant sous les princes de la maison d'Ardenne, acquit plus d'importance en devenant la propriété des comtes de Louvain. De nombreuses habitations existaient à cette époque autour du château, et commençaient à se ranger le long du fleuve. Godefroid le Barbu, désirant protéger ces constructions nouvelles, les fit entourer d'un rempart, défendu par des palissades et des fossés. On peut encore, de nos jours, suivre le tracé de cette première enceinte, dont les ouvrages extérieurs furent convertis plus tard en canaux (4).
Des conflits éclataient fréquemment entre les princes, relativement à la navigation sur l'Escaut. Les droits de
(1) Elle passait par les nies : Canal au Beurre, Canal au Sucre, Canal des Jésuites, Canal des Récollets et Canal aux Charbons.