‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 100 sur 136 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

de florins des Pays-Bas, employaient 1200 hommes d'équipage et près de 700 ouvriers débardeurs, dits sjauwerliedm. La capitulation consentie de part et d'autre, à la suite de ce premier bombardement, prescrivait un délai de trois jours avant la reprise des hostilités. Le général Chassé, conformément aux instructions qu'il avait reçues de La Haye, annonça que la suspension d'armes cesserait d'être observée, à Anvers, le 4 août, à neuf heures du soir.

Dès le 2, au matin, les Hollandais s'étaient emparés du Capitalendam et de l'écluse de Verlaat. Le 5, ils occupèrent la ville de Turnhout. La Belgique n'était pas préparée à cette brusque attaque. Le roi résolut d'y faire face en essayant d'opérer la jonction des armées de l'Escaut et de la Meuse. Sans troupes régulières jusqu'au 8 août, il parvint enfin à se réunir, près d'Archot, à l'armée de l'Escaut. Il menaçait Montaigu, lorsqu'il apprit la déroute des troupes qu'il attendait.

Une retraite était devenue nécessaire, et elle entraîna un désastre. Léopold, dont la popularité sortit intacte de cette grande épreuve, qu'il n'avait pu épargner au pays, fit appel à la France, dont l'intervention militaire arrêta les Hollandais, et permit à la conférence de Londres de reprendre ses négociations.

L'échec subi par nos armes exerça une influence funeste sur notre avenir politique. Les puissances se trouvant dans l'impossibilité de concilier des prétentions si

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diverses, tranchèrent toutes les difficultés par un arbitrage forcé. On rédigea les arrangements définitifs, celte fois en vingt-quatre articles, par lesquels on décidait les questions commerciales et financières en faveur de la Belgique, et la question territoriale en faveur de la Hollande. Par suite de ce traité, principalement dirigé contre la France, le roi Guillaume conservait une ligne de défense solide le long de la Meuse, une partie du Luxembourg, et la rive gauche de l'Escaut.

La navigation de ce fleuve était réglée par l'article 9 de cette convention, ainsi conçu :

« Les dispositions des art. 108-117 inclusivement « de l'acte général du congrès de Vienne, relatives au « libre parcours des fleuves et rivières navigables, seront « appliquées aux fleuves et rivières qui séparent ou trac versent à la fois le territoire belge et le territoire hol- « landais.

« En attendant, et jusqu'à ce que ledit règlement soit c arrêté, la navigation des fleuves et rivières navigables, « ci-dessus mentionnés, restera libre au commerce des « deux pays, qui adopteront provisoirement à cet égard « les tarifs de la convention, signée le 31 mai 1831, à « Mayence, pour la libre navigation du Rhin, ainsi que « les autres dispositions de cet acte, en autant qu'elles « pourront s'appliquer aux fleuves et rivières navigables a qui séparent à la fois le territoire hollandais et le terri- « toire belge. »

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