CHAPITRE XV
appréciées, el la section centrale, en s'y ralliant, proposa la suppression de la disposition par laquelle les bâtiments hollandais se trouvaient placés hors du droit commun.
Elle se prononça tout aussi éuergiquement contre le système des droits différentiels, et celui des catégories spéciales. Les Belges étant reçus partout d'après le principe de la plus parfaite réciprocité, il n'y avait pas lieu d'appliquer, à certaines nations, un tarif particulier. Le péage n était pas un tribut honteux imposé à la Belgique au profit de la Hollande, mais une indemnité accordée a celle dernière en compensation des avantages et des prérogatives dont elle s'était irrévocablement dessaisie.
La discussion s'éclaircit peu à peu, et, divers amendement» proposés par MM. Donny, Van Cutsem et autres adversaires du projet de loi, furent successivement écartés. Le remboursement du péage à tous les navires, y compris ceux des armateurs hollandais, fut voté par la Chambre à la majorité de quarante-cinq voix.
Le Sénat ayant ratifié à son tour cette décision, la loi fut adoptée et promulguée le 5 juin 1859.
Une noble pensée avait dominé tout le débat : « L'Es- « caut belge, avait-on dit, doit être aussi accessible au « commerce des nations sous le règne du roi Léopold, qu'il « l'était jadis sous la domination hollandaise. S'il faut que « l'étranger, en débarquant sur nos côtes, s'aperçoive d'un « changement de régime, que ce ne soit qu'à la liberté « plus grande et plus complète de nos institutions. »