‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 114 sur 136 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Conséquences du traité du 5 juin 4839. — Projet de rachat do péage. — Négociations à Copenhague et à Hanovre.— Conditions de la capitalisation. — Adhésion de l'Angleterre et de la Prnsse. — Traité avec la Hollande. — Discussions à la Chambre des représentants et au Sénat. — Rapports de MM. de Vrière et Michiels-Loos. — Ratification de la convention par la législature hollandaise. — Conférence à Bruxelles. — Effets politiques du nouveau traité. — Fêtes à Anvers.

Le gouvernement, en ratifiant le traité du 5 juin 1839, assurait la prospérité commerciale d'Anvers, et l'établissait sur des bases solides et durables. L'Escaut, grâce aux mesures libérales qui venaient d être adoptées, restait ouvert aux navires étrangers, que les vexations résultant du rétablissement du péage ne pouvaient atteindre. Les effets de cette politique habile et intelligente ne tardèrent pas à se faire sentir, et les arrivages se succédèrent avec rapidilé dans les ports d'Anvers et de Gand, dont un régime moins favorable eût consacré la ruine.

Mous avons vu que les Anversois avaient reçu 971 navires en 1829, c'est à dire à la fin de la domination hollandaise. Ce chiffre s'éleva, en 1840, à 1,158 navires, et

se trouvait triplé, en 1862. Ce mouvement ascensionnel ne fut pas moins remarquable à Gand, où 147 bâtiments vinrent relâcher en 1840, et 279, en 1862.

Une progression aussi sensible dépassait les prévisions des négociateurs de la convention de 1839, et soulevait une question d'équité qu'il devenait important de résoudre. Le sacrifice annuel imposé au trésor belge par suite du remboursement du péage avait été évalué, au maximum, à 508,000 francs. Or la rente payée à la Hollande était montée successivement de 62,513 francs à 1,117,469 fr. Elle avait atteint, en 1859, le chiffre considérable de 1,499,054 francs. La Belgique devait-elle supporter seule indéfiniment, une charge qui s'aggravait sans cesse, et dont le poids, aux termes des traités, eût dû être réparti entre tous les États maritimes ? Fallait-il conserver la loi du 5 juin 1839, ou lui faire subir des modifications?

Le gouvernement s'était réservé toute liberté à cet égard, et avait même usé de ses droits, en retirant le bénéfice des dispositions en vigueur aux navires de certaines nations, à cause d'entraves apportées par elles, dans leurs ports, au mouvement du commerce et de la navigation belges. Quelques engagements avaient été pris cependant, moyennant compensation, envers diverses puissances étrangères, qui avaient réclamé et obtenu, en traitant avec notre pays, l'insertion de clauses relatives à la libération de leurs navires. Dans tous les cas, ces engagements ne nous liaient que pour une certaine période, et

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