‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 116 sur 136 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

gagements antérieurs, allait pouvoir mettre ses projets à exécution. La capitalisation du péage de l'Escaut, deux fois annoncée publiquement, discutée par les agents diplomatiques étrangers, devait être admise. Restait à en déterminer les conditions.

Deux questions s'offraient tout d'abord à l'examen des négociateurs :

Quel sera le capital du rachat?

Comment le réparti ra-l-on entre les divers États chargés de le fournir.

Leur solution était délicate, mais la sagacité avec laquelle la diplomatie belge avait mené jusqu'en ce moment cette affaire, était une garantie de succès. Des négociations ne tardèrent pas à s'ouvrir, en quelque sorte parallèlement, d'une part avec les États intéressés, et de l'autre avec les Pays-Bas.

Il eût été impossible d'en agir autrement. Aux uns, nous avions à demander dans quelles limites ils nous prêteraient leur concours financier, et nous avions à nous mettre d'accord avec les Hollandais sur le chiffre de la somme totale moyennant laquelle ils renonceraient à leurs droits.

Une première suggestion se présentait tout naturellement à l'esprit, quant au mode de répartition du capital remboursable. Le péage de l'Escaut étant établi, non sur les marchandises, mais sur le tonnage, rien n'était plus conforme aux principes d'une stricte justice que de réel a-

mer la coopération de chaque Étal au prorata de sa navigation dans le fleuve. La Belgique, en se soumettant ellemême à celte règle, eût agi conformément à l'équité, mais elle ne voulut pas se l'appliquer à elle-même. A l'exemple de Hambourg, en semblable conjoncture, elle résolut de prendre dès l'ouverture du débal, une position digne d'elle et de nature à le conduire à bonne fin. En conséquence, elle inscrivit à sa charge, nota la part qui lui eût incombé d'après la formule commune, mais le tiers du capital entier. L'excédant devait êlre divisé entre les autres États, proportionnellement à leur navigation dans l'Escaut (1). M. Van de Weyer, qui, dès 1831, avait appuyé avec autant de talent que d'autorité les réclamations du gou-

(1) Voici le tableau de répartition, tel qu'il fut réglé plus tard :

Anglais fr. 8,782,320 Russe ff. 428,400

Américain . . .

Prussien ....

Norwégien . . .

Français. . . .

Danois

Mecklembourgeois Hanovrien . . .

Ham bourgeois . .

Autrichien . . .

Suédois . . .

Italien

Espagnol. . . .

2,779/100 Brêmois ,

Oldenbourgeois Lubeckois . .

Portugais . .

Grec ....

Argentin. . .

Chilien . . .

Romain . . .

Ottoman . ". .

Péruvien. . .

Brésilien. . .

Équatorien . .

Ces diverses sommes réunies s'élèvent à 22,950,560 francs; la Belgique, de son côté, ayant consenti à payer 13,328,006 francs, le capital à verser entre les mains de Sa Majesté le roi des Pays-Bas montait à 36,278,566 francs.

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