‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 119 sur 136 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

« Le péage de l'Escaut, dit-il en concluant, aura été le « dernier de son espèce, et il ne sera plus au pouvoir de « personne, on peut le dire hardiment, de prélever ces « sortes de tributs sur le libre usage des voies ouvertes « par la Providence au commerce de toutes les nations.

« Nous avons vu de notre temps les gouvernements « s'entendre pour faciliter la circulation : des produits « par l'abaissement des barrières douanières, des périr sonnes par la suppression des passe-ports, des idées par « les facilités accordées à la transmission en quelque « sorte instantanée des correspondances. Le principe de « la libre navigation prendra désormais sa place dans le « cadre des progrès qui font l'honneur de la civilisation.

« Le traité a été adopté à l'unanimité. par les sections « et par la section centrale. Aucune observation critique ne « s y est fait jour. La Chambre, à son tour, nous en sommes « convaincus, ratifiera avec empressement un acteinter- « national, qui concilie à la fois, et de la manière la plus « heureuse, les intérêts financiers, commerciaux et poli- « tiques du pays. L'émancipation de l'Escaut n'est pas

< seulement un de ces faits éclatants qui honorent les

< gouvernements et commandent la reconnaissance des « peuples : elle marquera parmi les événements de l'his- « toire d'un grand règne. »

De telles paroles présageaient une décision favorable, et le projet fut voté en effet par la Chambre, dans sa séance du 22 mai, aux applaudissements de tous les partis,

heureux de pouvoir se rapprocher dans cet élan commun de patriotisme.

Dès le lendemain, M. Michiels-Loos, sénateur de l'arrondissement d'Anvers, succédait à M. de Vrière, et présentait au Sénat un rapport sur le traité du 12 mai. Il en fit habilement ressortir tous les avantages, et adressa des félicitations chaleureuses au ministre des affaires étrangères, M. Charles Rogier, qui avait attaché son nom à cette œuvre d'émancipation nationale. La Belgique entière s'associa à cet hommage, digne récompense d'une carrière politique honorable et utile. Défenseur des libertés publiques en 1830, ardent promoteur deJa nationalité belge après les orageuses journées de septembre, M. Chnrles Rogier, qui avait rendu des services signalés à l'agriculture comme gouverneur d'Anvers, s'était déjà acquis la reconnaissance de nos commerçants en prenant une part active, en 1834, aux discussions que souleva, à cette époque, l'établissement des chemins de fer. On le lui rappela avec une émotion mêlée de fierté, car si de telles manifestations honorent celui qui en est l'objet, elles prouvent aussi que, dans notre pays, on n'est pas ingrat envers ceux qui font le bien.

Les deux Chambres ayant terminé, en quelques jours, l'examen du traité, restait à le faire ratifier par la législature néerlandaise. Il y donna lieu à quelques objections, concernant les bases adoptées pour la capitalisation, mais elles furent victorieusement refutées par le gouvernement.

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