‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 17 sur 136 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

de ne plus recevoir les laines britanniques, les riverains de l'Escaut subissaient de désastreuses calamités. De violents tremblements de terre, survenus de 1395 à 1397, renversèrent un grand nombre d'habitations à Anvers Plus tard, le 19 novembre 1400, la mer rompit brusquement ses digues, et inonda une vaste étendue du littoral. Le flux remonta cette fois à une lieue dans les campagnes, couvrit une partie du territoire des Quatre Métiers, et menaça l'Écluse, Damme, Ardembourg, Oostbourg, Biervliet, Hughevliet, Wulpén et Gadzant. Ces irruptions, presque périodiques, commençaient à changer singulièrement l'état des côtes, et à rendre les ports de Hollande plus accessibles aux gros navires.

La ville d'Anvers se releva de ses ruines, plus spacieuse et mieux bâtie. Les marchands allemands tout en conservant encore leurs principaux comptoirs en Flandre, fréquentaient de plus en plus ses marchés. Quelques grands édifices, dominant les rues étroites de la cité, la signalaient de loin aux navires arrivant de l'embouchure de l'Escaut. Du côté des terres, vers le septentrion, se présentait d'abord la Slycpoorte, aujourd'hui porle deLil!o,siluéesur la route de Berg-op-Zoom. Plus loin, en remontant la ligne irrégulière de l'enceinte urbaine, on apercevait un vasle donjon, d'une construction massive, flanqué de quatre tourelles : c'était la Porte Rouge. Elle était précédée d'un pont à parapets crénelés, dont l'entrée était défendue par deux fortins, également surmontés de créneaux.

De là, en continuant à se diriger vers l'orient, on arrivait à la vieille porte de Borgerhout, dont l'aspect était des plus pittoresques, puis, après avoir longé une ancienne muraille fortifiée, construite en 1298, on découvrait la Tour Bleue. Aux limites de la partie méridionale de la ville, avaient été établies les portes de Malines et de Croonenburg, dont la première était ornée d'une statue de saint Georges, patron des arbalétriers, et dont l'autre ne constituait qu'un simple passage, protégé par quelques ouvrages avancés. Ajoutons à ce tableau, en approchant du fleuve, la silhouette sombre de l'abbaye de Saint- Michel, et, à peu de distance du monastère, les tours élancées de l'église de Notre-Dame-du-Rameau ; retraçons-nous des ruelles étroites, bordées de maisons en bois, d'où l'on voyait sortir, au son de la cloche du matin (dag klok ou werk klok), une foule bigarrée et bruyante : tel était Anvers au commencement du quinzième siècle.

Tandis que la guerre se rallumait entre l'Angleterre et Philippe le Hardi, Jeanne de Brabanl, déjà fort âgée, résignait le gouvernement de ses États à Antoine de Rhélel, fils du duc Philippe. Ce dernier, après avoir accompagné le prince jusqu'à Bruxelles, y fut atteint d'une maladie épidémique, à laquelle il succomba, le 27 avril

Son successeur, Jean I er , ne se réconcilia point, malgré les sollicitations des communes flamandes, avec la cour britannique. Les Anglais pillaient les navires belges et

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