‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 20 sur 136 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

feu des combats, se voyait livrée à une lente agonie, que les souvenirs du passé rendaient chaque jour plus pénible. Elle céda, et acheta le pardon du prince au prix d'une amende de soixante mille riders.

Philippe de Bourgogne régla, en 1446, la perception des droits de douane, levés à Anvers, sur les biens des marchands britanniques. Ceux-ci, en cas de contestations, obtinrent de faire juger leurs causes par un tribunal spécial, composé de trois juges, nommés par les bourgeois ou par le souverain. Ce privilège attira beaucoup d'Anglais dans le marquisat, d'autant plus que les Ànversois, afin de ramener la foule dans leurs marchés, s'efforçaient, à prix d'argent, de faire disparaître successivement les entraves imposées à la navigation de l'Escaut. C'est ainsi qu'ils rachetèrent, le 24 mai 1447, à l'abbé de Saint- Michel, le tonlieu d'Ayeudyke. Ils conclurent des transactions du même genre avec Jean de Halmale, Guillaume Van den Wyngaerde et Jean Van Romerswale, qui tous prélevaient certaines redevances sur les navires fréquentant le fleuve.

Quelques travaux utiles datent également de cette période. On se servit des eaux du Schyn pour créer un canal d'Anvers à Deurne, avec le projet de le prolonger plus tard jusqu'à Héren thaïs, en fertilisant la Campine. On étudia le cours des deux Nèlhes, dans le but de les relier, à l'aide d'une large voie navigable, aux bassins ànversois. Un autre canal, allant du Meir à la Tour Bleue, fut creusé en 1431.

Les défenseurs des libertés communales, vaincus dans le marquisat, étaient restés debouts en Flandre, et défiaient ouvertement la puissance de la maison de Bourgogne. Tandis que les Gantois fondaient des canons, et se rangeaient sous leurs antiques bannières, Philippe rassemblait des troupes à Lille, et faisait appel M ses plus braves chevaliers.

Les deux armées se rencontrèrent sur les bords de l'Escaut. Les Flamands, surexcités par quelques tribuns populaires, étaient. décidés à marcher sans délai k l'ennemi, en ordre de bataille.

Ils étaient au nombre d'environ quarante mille, car il avait été ordonné à tout citoyen, de vingt à soixante ans, de prendre les armes. Arrivés en vue du château de Gavre, ils se déploièrenl dans la campagne, la droite dirigée vers le fleuve. Leurs meilleurs combattants étaient armés de longues piques. Sur les flancs de la colonne était l'artillerie, gardée par des hommes à pied, munis de haches, d'épées à deux tranchants ou de marteaux à pointes de fer. La cavalerie, commandée par Jean de Nevele, formait les ailes avec quelques auxiliaires anglais, envoyés par Henri VI. En seconde ligne venait la foule des ouvriers peu accoutumés à la guerre, les hommes âgés, les laboureurs du pays de Waes; les bagages et les chariots étaient par derrière.

L'avant-garde du duc, commandée par le maréchal de Bourgogne, s'élança en avant à leur approche, dans

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