CHAPITRE IV
saires furent nommés pour étudier la question, et en faire l'objet d'un prompt rapport. Quatre projets appuyés par des hommes spéciaux, fixèrent particulièrement leur attention. Le premier consistait à faire affluer les eaux de la mer vers l'Écluse, par un canal passant à Goxide; le second ajoutait au plan précédent le prolongement du Zwyn jusqu'au havre d'Oostbourg, le troisième recommandait rétablissement d'une tranchée près de Gaternesse, de manière à mêler le cours de l'Escaut occidental, connu sous le nom de Hont, à celui du Zwyn; le dernier enfin se bornait à rétablir les communications qui avaient existé jadis entre le port de l'Écluse et le polder du Zwartegat. Cette idée était la plus simple, bien que la moins habile, et elle prévalut sur toutes les autres.
Il ne restait plus qu'à en régler l'exécution, et l'on ne tarda pas à se convaincre qu'elle présenterait de graves difficultés. Les Gantois refusèrent dès l'abord de prendre part aux dépenses, alléguant « qu'ils estoient fondés sur mestiers » et que tout l'avantage de ces travaux reviendrait aux Brugeoïs, alors en possession de l'étape des marchandises étrangères. Les Yprois ne se montrèrent pas plus accommodants, et les habitants du Franc, suivant leur exemple, exposaient que leur prospérité « estoit fonce dée sur labourage, et sur nourrissements de bétail » et qu'il y aurait injustice à les soumettre à de telles charges. »
Ces arguments , empreints d'un esprit aussi impré-
voyant qu'exclusif, n'étaient point sérieux. Il fallait évidemment, en de telles circonstances, adopter on principe plus large, celui d'une juste et légitime solidarité.
La décision du duc, publiée à Saint-Omer, le 27 juillet 4470, donna gain de cause aux habitants de l'Écluse, et la destruction des lignes du polder de Zwartegat fut résolue. On s'aperçut bientôt cependant, par expérience, de l'inutilité de ce travail, et, comme le remède proposé, bien loin d'empêcher l'envasement de l'embouchure du Zwyn, semblait, au contraire, l'activer, les écbevins de Bruges firent rétablir les anciennes barrières, abattues en 1487.
Les hostilités se prolongeaient entre les États belges et la France, épuisant les deux nations. Le duc de Bourgogne, après d'infructueuses négociations avec l'empereur d'Allemagne et le roi d'Angleterre, se rendit enfin anx vœux de ses sujets, et signa une trêve d'un an avec son adversaire.
Cette trêve, à la fois communicative et marchande, fut promulguée à Arras,et garantissait toute liberté au négoce international. Charles approuva, peu de temps après, un traité conclu par ses agents avec Edouard IV, rétablissant nos relations mercantiles avec la Grande Bretagne, et par lequel les deux souverains s'engageaient à n'accorder aucun secours aux pirates, et à leur défendre expressément l'entrée des ports flamands ou anglais.
Ce fut le dernier Q£te, concernant le commerce belge, qui passa sous les yeux du prince. Mous le retrouvons de