CHAPITRE IV
nouveau sous les armes, quelques mois plus tard, combattant les Lorrains et les Suisses, qu'il rencontra en bataille devant Nancy. Ce fut là qu'il acheva 4 sa carrière, le 5 janvier 1477, sans avoir pu saisir ce sceptre royal, si longtemps convoité, qu'il espérait léguer à sa fille, Marie de Bourgogne.
La jeune duchesse, isolée dans son deuil, au sein d'une foule inquiète et troublée, ne vécut que pour expier les fautes de sa race. Orpheline, elle eut à lutter contre Louis XI, qui lui disputait son héritage, et contre les Flamands révoltés, qui réclamaient leurs antiques privilèges. Mariée à Maximilien d'Autriche, fils de l'empereur Frédéric, elle meurt des suites d'un accident, alors que le calme renaissait autour d'elle, et lui promettait de meilleurs jours.
Le duc Maximilien était peu aimé en Flandre. La plupart des communes refusèrent de le reconnaître en qualité de tuteur de ses deux enfants, à moins qu'il n'acceptât cette charge à titre amovible, et qu'il ne s'engageât à gouverner d'après leurs conseils. Dissimulant ses intentions réelles, il essaya de mettre à profit les rivalités mercantiles qui existaient entre les Belges et les Hollandais, et, s'étant rendu en Frise et en Zélande, en ramena une flotte de cent cinquante navires, avec laquelle il tenta de s'emparer du port de l'Écluse. L'entreprise échoua : c'était le commencement d'une guerre civile.
Mous ignorons quelle fut l'attitude des Anversois à
l'origine de ce conflit, mais, s'ils appuyèrent un instant la résistance des Flamands, l'intérêt les rallia bientôt au prince. Le temps approchait où les marchands étrangers, fuyant les bords envasés du Zwyn, où ils ne trouvaient plus ni sécurité, ni paix, allaient transporter leurs vastes comptoirs à Anvers, remplir l'Escaut de leurs navires, et faire de l'ancienne capitale du marquisat une véritable puissance commerciale. Pendant que les Brugeois couraient à leurs murailles, combattaient les Picards et les reitres de Maximilien, abandonnaient leurs marchés pour défendre tumultueusement les privilèges de la commune, leurs rivaux se formaient en collège et se donnaient des chefs, amélioraient leur port, soumettaient à de sages règlements l'assemblée nombreuse qui se formait chaque jour à la bourse.
Ils profitèrent largement des expéditions dirigées par les Bourguignons et lès Allemands, contre les habitants du pays de Waes. Le butin, fruit du pillage, les troupeaux enlevés aux paysans, furent vendus à des Anversois, et leur procurèrent de honteux bénéfices. 500 vaches et 300 chevaux, devenus la propriété d'une troupe d'hommes d'armes de la suite de Maximilien, furent vendus publiquement à Anvers, en mai 1485. Les milices anversoises se mêlèrent même activement à ces sanglants débats, attaquèrent le fort de Calloo, s'en emparèrent, et revinrent en triomphe dans leur ville avec soixante pièces de canon, tandis que Jean de Ghistelles, à la tête de quelques vais-