CHAPITRE IV. 5t
seaux, réduisait en ruines les bourgs de Sainte-Anne-ter- Muyden, de Knocke et de Heyst.
Les Flamands, voyant dépérir leur industrie, jadis si florissante, et languir leur immense commerce, se résignèrent à la soumission, le 23 juin 4485. Maximilien, dont l'autorité était désormais reconnue, profita de ce moment de calme pour se rendre en Allemagne, et s'y faire élire roi des Romains. Il fit, en cette qualité, une entrée solennelle à Anvers, le 3 juillet 1486. Au mois de septembre de cette même année, l'empereur Frédéric III vint l'y rejoindre. Le jeune duc Philippe, fils de Marie de Bourgogne, y séjourna également. Les princes logeaient à l'abbaye de Saint-Michel.
On publia, quelques mois plus tard, un décret important pour la marine nationale, relatif aux amirautés. Tout chef d'escadre, ayant rang d'amiral, devait être considéré, dans l'exercice de ses hautes fonctions, comme le lieutenant général du souverain. Il jugeait de tous délits commis à bord des navires ou sur les plages, en paix comme en guerre. Personne ne pouvait armer une embarcation sans y avoir été autorisé par l'amiral, auquel il était enjoint de n'accorder cette permission qu'à des gens connus, en leur faisant promettre de ne diriger leurs forces que contre les ennemis de leur suzerain. Tout prisonnier devait être confié à l'amiral ou à ses lieutenants. Les marchandises de provenance étrangère, trouvées à bord de navires hostiles, mais appartenant aux alliés du princ
il HISTOIRE DE L'ESCAUT.
étaient restituées à leurs propriétaires. L'amiral prélevait un dixième sur la valeur des prises faites par les corsaires nationaux. Ceux-ci étaient munis de lettres de marque, et portaient les bannières, les pennons et les étendards de l'amirauté.
Ii avait le droit d'établir, où il lui plaisait, des officiers de justice, avec charge d'expédier sommairement les affaires maritimes en litige. Il révoquait, en cas de nécessité, la sentence prononcée par ces tribunaux inférieurs, et ne reconnaissait lui-même d'autre autorité que celle du souverain, qui seul se réservait la faculté de réformer les décisions de l'amiral. Ce dernier, en temps de guerre, avait la garde des côtes et des fanaux, et prenait les mesures propres à les préserver de tous dommages.
Le roi des Romains, adoptant les traditions de la maison de Bourgogne, n'avait point renoncé au projet d'abaisser les communes flamandes. Le 31 janvier 1488, se trouvant à Bruges, il crut l'occasion venue d'agir avec vigueur, et tenta de s'emparer de la ville. L'alarme fut donnée aussitôt aux habitants, les Métiers coururent aux armes, le roi vit tomber autour de lui ses plus zélés défenseurs, et demeura captif des Brugeois. Il fut transféré, sous bonne escorte, au Cranenburg.
Nous ne rapporterons pas, dans tous leurs détails, les différentes phases de la lutte qui suivit cette arrestation. Nous nous bornerons à rappeler que les riverains de 'Escaut y jouèrent un rôle important, et que le margrave