CHAPITRE IV
ils y jouissaient depuis cinquante ans. Il était enjoint aux agents douaniers, de l'un et de l'autre pays, de remplir leur charge avec discrétion, sans gâter les marchandises présentées à inspection, ou rompre les caisses, les barils, les paquets ou les sacs qui les contenaient. Leur propriétaire ne pouvait être astreint à les vendre contre son gré.
En cas de violences exercées en mer, de l'un ou de l'autre côté, les individus lésés ne devaient point se faire justice eux-mêmes, solliciter des lettres de marque, user de représailles, et s'emparer de la personne ou des biens de leurs adversaires, les princes se réservant la connaissance de pareils procès. Les lettres de marque et de représailles étaient même supprimées, jusqu'à la réunion d'un nouveau congrès.
La joie fut générale dans les Pays-Bas en apprenant l'heureuse issue de ces négociations. Les Anversois, dont elles comblaient les vœux, voyaient chaque jour de nouveaux navires affluer dans leur port. L'Escaut et la Tamise, reliés par l'industrie humaine, devenaient, grâce au rétablissement de la paix et à l'intelligence de leurs riverains, les deux grandes artères du commerce dans le Nord de l'Europe.