‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 32 sur 136 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

attiré une foule d'étrangers, et accepta la main de l'archiduc, le 18 octobre, à Lierre, où les fêtes de leur mariage furent célébrées avec éclat.

Philippe le Beau avait hérité des qualités aimables de sa mère, Marie de Bourgogne, et de l'humeur imprévoyante et capricieuse de Maximilien. Une profonde antipathie se manifesta de bonne heure entre lui et son beau-père, et le décida à continuer à résider en Belgique. Il habitait de préférence l'ancien château des comtes de Flandre, à Gand. C'est là que naquit, le 15 février de l'an 1500, son fils aine, qui fut nommé Charles, comme son aïeul paterne], mais auquel la fortune réservait des destinées bien différentes.

La mort d'Isabelle de Castille, survenue le 26 novembre 1504, arracha l'archiduc à sa retraite. Il partit pour l'Espagne, à bord d'une flotte nombreuse, et arriva en Angleterre au moment où les avantages accordés aux Belges, par le traité de commerce de 1495, y faisaient l'objet de vives réclamations. Henri VII, voyant dans le séjour du prince une occasion favorable pour faire valoir les intérêts de ses sujets, lui fit signer une convention qui exemptait les Anglais de tous péages en Zélande, el enlevait à nos marins le droit de pêche sur les côtes britanniques. Les Flamands ne se trompèrent pas sur les conséquences de pareilles concessions, et donnèrent le nom de « mauvais entrecours », intercursus malus, à l'ado qui les consacrait.

Philippe, poursuivant son voyage, débarqua à la Gorogne, en Galice, et fut aussitôt reconnu en qualité de roi de Castille. Il ne devait pas jouir longtemps de cette nouvelle dignité. Il venait à peine d'en prendre possession qu'un accès de fièvre mil fin à ses jours, le 26 septembre 1506, à Burgos.

Sa mort faisait passer le sceptre de Castille et l'héritage des ducs de Bourgogne aux mains d'un enfant, alors âgé de six ans. Marguerite d'Autriche, veuve de don Juan d'Aragon et de Philibert de Savoie, exerça la régence au nom du prince Charles, dans les provinces belgiques, tandis que le grand-père maternel de celui-ci, Ferdinand le Catholique, le représentait en Espagne.

Marguerite fut inaugurée, à Anvers, comme gouvernante du marquisat du Saint-Empire, le 24 juin 1506, et tint, en cette qualité, deux diètes dans l'abbaye de Saint- Michel. La prospérité des Anversois ne fit que croître sous son administration. Les étrangers affluaient dans leur ville, particulièrement les Italiens, qui y trouvaient le débit de leurs soieries, et les Portugais, qui y fondèrent un vaste édifice, spécialement consacré aux marchands de leur nation, en 1511. Deux navires, richement chargés, arrivant des îles Canaries, — les premiers qui fussent venus de ces parages, — parurent vers ce temps dans l'Escaut. Plus tard, en 1516, un marin, hardi et entreprenant, Dierick Van Paesschen, mit à la voile dans l'Escaut, se rendant en Orient. 11 avait à bord un grand

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