CHAPITRE V
d'Orient, de l'or, des épices, des drogues, de l'ambre, du musc, de l'ivoire, de l'aloës, du coton, des parfums, du sucre, du bois de Brésil, du pastel, du vin de Madèïe, des fruits secs. Ils importaient aussi beaucoup de piment, venant de l'ile Saint-Thomas, en Afrique, où cette espèce de poivre croît en abondance. Leur gouvernement prohiba dans la suite ce commerce, qui nuisait au débit du poivre de l'Inde, dont la vente procurait des bénéfices plus considérables.
Un flotille de barques, équipées par la ville de Malines, remonta l'Escaut jusqu'à Tournai durant l'hiver de 4521, et contribua à la prise de celte ville par les troupes impériales et anglaises. L'étroite union qui existait en ce moment entre Charles-Quint et Henri VIII, tous deux ligués contre François I er , donna un rapide accroissement aux rapports mercantiles qui s'étaient formés entre les Pays- Bas et la Grande Bretagne. Les échanges opérés par les Anversois avec leurs correspondants anglais, montaient annuellement à douze millions d'écus.
On inaugura, en 1525, l'ouverture de la navigation sur la Grande Ghète, l'un des affluents de l'Escaut. Ces tra* vaux de canalisation avaient été exécutés aux frais de la ville de Tirlemont. Un grand nombre de bateaux fréquentèrent bientôt celle voie nouvelle, chargés de grains, de pierres blanches, de chaux, de charbon de terre et d'autres produits en destination d'Anvers.
Revenons à la politique extérieure de Charles-Quint,
HISTOIRE DE l'eSCAOT. 6
dont nous ne pouvons nous dispenser de rappeler rapidement les diverses phases.
Après de nombreux combats dans le Milanais, en Picardie, dans la Franche-Comté et en Provence, la victoire s'était attachée définitivement aux armes impériales. François I er , battu à Pavie par le duc de Bourbon et Pescaire, avait été fait prisonnier sur le champ de bataille, et se trouvait à la merci de son ennemi. La plupart des souverains de l'Europe, accablés par la merveilleuse fortune de la maison d'Autriche, subissaient son irrésistible influence. Il fallait, pour lutier contre celte puissance formidable, une réaction prompte et énergique, l'élan enthousiaste des masses , la protestation armée des peuples, réclamant leur individualité compromise par des tentatives de centralisation aussi violentes que brutales. Les idées de rénovation religieuse, émises par Luther, défendues par Melanchton, préparaient peu à peu ce grand mouvement, qui devait se prolonger durant tout le seizième siècle, et arrêter la prospérité croissante de Carrière-petit-fils de Charles le -Hardi.
Tandis que les paysans de la Souabe se soulevaient en Allemagne, et que le roi d'Angleterre, effrayé des projets de l'empereur, songeait à abandonner son alliance, François I er obtenait la liberté aux plus dures conditions. Il avait à peine passé la frontière, qu'il rompait le traité qui venait d'être conclu , et entraînait Clément VII, les Vénitiens et le duc de Milan à entrer dans une nouvelle ligue