‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 37 sur 136 · CHAPITRE T · texte numérisé non relu

CHAPITRE T

épices, des soies, des cerons, des feutres, des tapis, des maroquins et des couleurs des Indes. Elle prenait en retour des cargaisons de gros draps, tant anglais que du pays, surtout des étoffes d'Armenlières, des laines, des ostades, des toiles, des tapisseries et de la cochenille d'Espagne.

De Bologne arrivaient des draps de soie, d'or et d'argent, des bonneteries, des voiles, des ceinturons. Venise fournissait des clous de girofle, de la canelle, des noix muscades, du gingembre, de la rhubarbe, de l'aloës, de la casse, de l'agaric, de la sandaraque, du séné, de la coloquinte, de la scammonée, de l'ammoniaque, de la tutée et de la thériaque, venant du Levant. Elle envoyait également dans nos provinces beaucoup de soieries, travaillées ou écrues, des camelots à gros grains, des tapis, des croisés de laine d'un admirable tissu, des écrins, du beau drap écarlate, du coton, du carmin, du bois d'ébène, de l'azur et d'autres couleurs, tant pour la peinture que pour la teinturerie. Anvers lui livrait des pierres précieuses, des draps et des laines, tant du pays que de l'étranger, des ostades de diverses sortes, des toiles en grande quantité, des tapisseries de Bruxelles, de la cochenille; des ustensiles de ménage et assez souvent du sucre et du poivre.

Les Napolitains nous débitaient des draps de soie, des soies teintes et écrues, de riches fourrures, du safran, de la manne, et recevaient en échange nos étoffes et nos métaux. D'excellents vins nous étaient expédiés de Sicile,

en même temps que des noix de galle , du cumin , des oranges , du coton et de la soie , et les Ànversois y écoulaient, indépendamment des laines, des draps, des toiles et des tapis qui formaient les principaux articles de leur commerce d'exportation, beaucoup d'objets de quincaillerie.

Les marchands milanais trafiquaient à Anvers en or et argent filés, futaines, fine draperie, riz, armures richement ciselées, merceries et fromages dit parmesans. Ils nous apportaient, comme les Florentins, des draps dor et d'argent, et les derniers ajoutaient à ce commerce celui des brocards, des soieries et des peaux de martre. On leur vendait du poivre, du sucre, des joyaux, du musc venant de l'étranger, et les produits du pays.

Les arrivages de Gênes consistaient en une grande quantité de velours, d'une qualité supérieure, ainsi qu'en riches pièces de satin et d'ermesyn. Ses coraux étaient également fort estimés. Quelques autres cités italiennes, telles que Mantoue, Vérone, Brescia, Vicence, Lucques et Modène entretenaient aussi des relations fréquentes avec les riverains de l'Escaut, et les marchandises déjà énumérées ci-dessus leur étaient envoyées en échange. On transportail par mer, d'Italie à Anvers, des aluns venant de Civita Vecchia, des huiles d'Apulie, de Gênes et de Pise; des gommes diverses, des raisins de Corinthc et du soufre. Ces cargaisons vendues, on les remplaçait par des chargements d'étain, de plomb, de bois de Brésil, de cire , de toiles, de poissons salés, de bois de menuise-

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