CHAPITRE V
rie, et quelquefois de froment, de seigle et de fèves. La valeur des étoffes de soie importées à Anvers par les Italiens, était estimée, année commune, à trois millions de couronnes d'or.
Le mouvement commercial qui existait alors entre les Anversois et le Danemark, la Suède, la Norwége et la Pologne n'était pas moins considérable. Ils recevaient de ces contrées beaucoup de céréales, du cuivre, du salpêtre, de la soude, du vitriol, des teintures, des laines d'Autriche de première qualité, du lin, du miel, du goudron, de la cire, du soufre, de la potasse, une grande variété de pelleteries, des peaux de différents poissons, du cuir de bufle, des fourrures d'ours, destinées à l'équipement militaire, et des bois de construction. Il nous reste encore à mentionner, parmi les produits venant du Nord, des bières fortes, des viandes et du poisson salés et séchés, — soit au feu, soit par l'action du froid, — et une grande quantité de blocs d'ambre, de formes et de couleurs variées. Ce dernier commerce avait assez d'importance pour permettre à des négociants notables d'en faire une spécialité, sans se livrer à d'autres affaires. L'importation des futaines allemandes représentait une valeur d'environ 600,000 couronnes, et celle des vins du Rhin, tout en dépendant plus ou moins de la récolle, était calculée en moyenne à 40,000 barils, vendus à 36 couronnes chacun, c'est à dire rapportant un capital d'à peu près un million et demi de couronnes d'or.
Nous recevions de France, par mer, beaucoup de sel de brouage, des aromates de Toulouse, des canevas et autres toiles grossières de Bretagne et de Normandie, des vins rouges et blancs en abondance et de tous les crus, des huiles, du safran, des graines de Provence, du miel, de la térébenthine, du goudron, des papiers, des verreries, des fruits secs et du bois de Brésil. Les Français allaient chercher ce dernier produit dans l'Amérique portugaise, où ils possédaient une bonne forteresse pour la protection de leur négoce. La France envoyait aussi à Anvers des feuilles d'or, des draps fins de Paris et de Rouen, des draps cramoisis de Tours, des bombasins de Champagne, du fil et du chanvre de Lyon , du vert-de-gris de Montpellier pour la teinture, et une quantité de ces élégants articles dits de Paris, que leur belle confection avait déjà misa la mode. Parmi les exportations faites en ce royaume au xvi e siècle, par les marchands anversois, figurent de l'argenterie, des perles, des lingots, des pierreries, du vif argent, du cuivre, du bronze, du laiton brut et travaillé, du plomb, de Tétain, du vermillon, de l'azur, de la cochenille, du soufre, du salpêtre , de la couperose , des camelots à gros grains et autres de Turquie, des draps d'Angleterre de toutes les qualités, des tapisseries, de la laine d'Autriche, des cuirs, des pelleteries, du suif, de la cire, du houblon, du poisson sec et salé. Il paraît, d'après les renseignements qui nous sont parvenus, que les achats de vins français s'élevaient à un total de 40,000 barils environ;