‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 42 sur 136 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

portait était déjà en vue de Cadix, lorsque quelques feux allumés sur le rivage — et qu'on prit pour des signaux — occasionnèrent de fausses manœuvres, qui se terminèrent par une catastrophe. Vingt-deux personnes périrent dans les flots , et le reste de l'équipage n'échappa à la mort qu'en s'accrochant aux débris flottants du navire. Schmidl, qui avait perdu tous ses biens, fut assez heureux pour gagner la côte, sain et sauf.

Les Ànversois, dont les préoccupations étaient exclusivement commerciales, n'avaient encore souffert qu'indirectement des débats politiques qui divisaient François I er et Charles-Quint, lorsque l'arrivée dans nos provinces du fameux Martin Van Rossera, alors au service du duc de Gueldre, porta tout à coup la guerre sur les bords de l'Escaut.

L'approche des bandes gueldroises, signalée par des scènes de pillage et de dévastation, provoqua de vives inquiétudes parmi les habitants d'Anvers, qui se préparèrent à soutenir un siège. Un premier combat eut lieu à Braesschaet, entre Régnier de Chalons, prince d'Orange, et le terrible condottiere. Celui-ci, s'avançant à marches forcées, planta sa bannière sur la tour du château de Vordenstein, près de Merxem, et y établit son quartier général.

Les chefs ànversois, craignant une surprise, eurent recours à des mesures aussi promptes qu'énergiques. Beaucoup de maisons, situées hors la porte de Borger-

bout, furent livrées aux flammes. Deux couvents subirent le même sort, et furent rasés jusqu'aux fondements. Il fallait à tout prix empêcher l'ennemi de se retrancher aux environs de la place, et de poser des batteries à portée des remparts.

Dans l'intervalle, on levait des troupes dans le pays de Waes. Douze cents Flamands, armés de piques, parurent bientôt sur les rives de l'Escaut, et vinrent renforcer la garnison d'Anvers.

Yan Rossem, qui manquait du matériel nécessaire pour réduire une ville aussi bien gardée, comprit qu'il n'avait aucune chance de s'en emparer, et abandonna son entreprise. Il voulut néanmoins, avant de quitter le marquisat, y laisser des traces de son passage. Toutes les habitations, tous les châteaux, les monastères et les moulins bâtis sur le territoire des communes de Dambrugge, de Merxem, de Deurne, de Borgerhout et de Berchem furent minés de fond en comble par ses ordres. 11 n'épargna que le château de Vordenstein, par reconnaissance pour le bon vin qu'il y avait bu.

L'attaque imprévue des troupes clévoises, tout en causant de grandes pertes aux populations rurales, ne nuisit pas à la ville d'Anvers. L'administration prit le parti de faire construire, pour la mettre dorénavant à l'abri d'un coup de main, de solides remparts. Pour leur donner plus de sûreté, une ordonnance municipale défendit aux habitants de bâtir dans un rayon de 3,500 pieds de l'en-

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