‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 44 sur 136 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

tiques, et, le 9 février 1545, obtinrent le transfert du comptoir de Bruges dans leur cité.

Charles-Quint, après avoir enlrainé Henri VIII à de nouvelles hostilités contre François I er , venait de conclure brusquement la paix avec la France, à Crespy. Les Anglais, abandonnés par leur allié, s'en vengèrent sur la marine marchande des Pays-Bas, dont ils ne respectaient plus la neutralité. Ils assaillirent, vers la fin de Tannée 1544, une flotte de commerce, composée de navires hollandais,, zélandais et anversois, revenant des côtes de France, chargée de vins.

Les réclamations présentées à ce sujet au conseil britannique étant restées infructueuses , la régente eut recours aux représailles , et ordonna l'arrestation de tous les marchands anglais dans le pays. Les ministres de Henri VIII, craignant de plus graves complications, cédèrent aux représentations de M. de Molembais, l'envoyé de Marie de Hongrie en Angleterre, et ordonnèrent la restitution des biens confisqués.

S'il faut en croire la relation de l'ambassadeur vénitien Cavalli, la navigation sur l'Escaut, malgré ces revirements politiques, continuait à être des plus animées. La ville d'Anvers recevait, à cette époque, par l'intermédiaire des marchands espagnols, des raisins, des oranges, des olives, des vins, des tentures, des sucres et des joyaux pour une somme annuelle de 500,000 ducats. L'Angleterre lui livrait pour plus de 300,000 ducats de draps , de la ;

et d'étain ; l'Allemagne et la France, une quantité de métaux et de vins estimée à 800,000 ducats; FOostlandt expédiait aux Anversois pour 250,000 ducats de grains, de bois et de lin , tandis qu'ils recevaient de l'Italie plus d'un million d'or en diverses marchandises, qui consistaient principalement en étoffes de laine, de soie et de velours.

Les envois dirigés d'Anvers vers l'étranger n'étaient pas moins considérables. Il s'exportait alors, de ses marchés, pour plus de 500,000 ducats dé tapisseries de laine, produit d'un placement d'autant plus avantageux, que la main-d'œuvre forme les deux tiers de sa valeur. L'Allemagne et la France tiraient d'Anvers pour 250,000 ducats de fromages et de poisson salé. Nous fournissions encore aux marchands français et de quelques autres pays pour 750,000 ducats de chevaux, de tissus de coton et de laines. Les Anversois vendaient en outre à l'Allemagne et à l'Oostlandt pour 500,000 ducats d'épices, de fruits secs, de viandes salées et d'autres marchandises ; à l'Angleterre pour 500,000 ducats de draps de soie et d'épices. Tout ce trafic valait à la Belgique, outre le gain des artisans, plus d'un million de ducats de bénéfice. Un état du produit annuel des manufactures, dressé quelques années plus tard, porte à plus de 40,000,000 de florins d'or les objets fabriqués dans les provinces belges.

Une grande solennité, annoncée avec éclat, attira une foule de spectateurs sur les bords de l'Escaut, le M sep-

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