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CHAPITRE VII

Les Pays-Bas sons Philippe II. — Réunion, à Anrers, des chevaliers de la Toison d'or. — Guerre contre la France. — Réorganisation du gouvernement. — Départ du roi pour l'Espagne. — Situation politique des Pays-Bas. — Fêtes sur les bords de l'Escaut. — Lottes politiques. — Prospérité croissante de l'Angleterre. — Débats commerciaux avec-cette puissance. — Retraite du cardinal de Granvelle. — Expédition maritime en Portugal. — Effervescence générale dans les Pays-Bas.

L'histoire des Pays-Bas, à partir du règne de Philippe II, entre dans une phase nouvelle. Ces riches provinces, morcelées en divers fiefs durant le moyen âge, réunies sous une même autorité à l'avènement de la maison de Bourgogne, assujetties par Charles-Quint au régime impérial, n'avaient obéi, jusqu'en ce moment, qu'à des princes nationaux, connaissant les tendances du peuple qu'ils avaient à gouverner, comprenant sa langue, familiarisés avec ses coutumes et ses usages. Elles étaient liées désormais à la monarchie espagnole, dont elles ne formaient plus qu'une annexe" éloignée, soumise à la direction arbitraire ti'tio conseil d'État, présidé par un souverain étranger. Cr

situation anormale excitait de vives inquiétudes, que la suite des événements ne devait que trop justifier.

Peu de temps après l'abdication de Charles-Quint, le 48 janvier 1556, Philippe II se rendit à Anvers, où il avait convoqué les chevaliers de la Toison d'Or. Les rives de l'Escaut retentirent de nouveau du bruit des fêtes et des réjouissances, mais la joie publique fut de courte durée. L'Espagne et l'Angleterre s'étaient liguées contre la France, dont les troupes se disposaient à envahir les Pays-Bas. Les victoires de Saint-Quentin et deGravelines, dues au courage et à l'énergie du comte d'Egmont, arrêtèrent heureusement la marche des Français, déjà en possession de Dunkerque et de Bergues. Des négociations, ayant pour objet la cessation des hostilités, venaient de s'ouvrir à Cercamp, lorsque la mort de la reine d'Angleterre, survenue le 17 novembre 4558, en provoqua l'ajournement. Philippe, après avoir fait d'inutiles démarches pour obtenir la main d'Elisabeth, fille du roi Henri VIII et héritière de Marie, se décida enfin à conclure une paix séparée avec la France, le 3 avril 4559.

Résolu à ne pas faire un plus long séjour dans les Pays-Bas, il confia le gouvernement général de nos provinces à Marguerite de Parme, fille naturelle de Charles- Quint, en lui donnant pour conseillers Perrenot de Graovelle, évêque d'Arras; Charles, comte de Berlaymont; Yiglius deZuichem d'Aytta; Guillaume de Nassau, prince d'Orange, et Lamoral, comte d'Egmont. Il leur adjoignit

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