‹ Histoire politique de l'EscautChapitre 51 sur 136 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

sévir contre les délinquants. Un édit de la régente, qui enjoignait à tous les étrangers de sortir de la cité, avait été jugé inexécutable par ceux-là mêmes qui étaient chargés de le mettre en vigueur.

L'arrivée du prince d'Orange, burggraef héréditaire d'Anvers, calma un moment les esprits. Malheureusement il quitta la ville, vers le milieu du mois d'août, et son départ fut le signal des plus grands désordres. Des bandes de fanatiques se ruèrent sur les églises, brisant les vases sacrés, les autels et les statues à coups de hache, lacérant les missels et les vêtements sacerdotaux. À l'exemple de ce qui s'était passé en France en 1561 et 1562, les calvinistes belges avaient juré la destruction des images et de tous les autres objets qui , à leurs yeux , étaient des symboles de l'idolâtrie.

Ces scènes de dévastation , répétées dans tout le pays, exercèrent une influence considérable sur les tendances politiques de la nation. Les uns, irrités par les périls auxquels ils avaient été exposés jusqu'alors, applaudissaient à ces actes barbares, comme à une conséquence naturelle de la rupture complète qui devait s'établir entre un peuple régénéré, et l'Église romaine; d'autres, au contraire, tout en détestant l'inquisition, tremblaient de voir les calvinistes à la tête des affaires , et préféraient se rallier au gouvernement royal, que d'assumer la responsabilité de ce qui venait de se passer; un troisième parti, enfln, après avoir repoussé toute complicité avec les iconoclastes,

acceptait cependant les faits accomplis, persistait dans son opposition aux doctrines espagnoles, et, prévoyant la vengeance d'un monarque implacable, se préparait à la guerre. Ce grand débat constitutionnel, commencé par les réclamations des états provinciaux et clos par le Compromis des nobles, était arrivé à son terme. Il ne s'agissait plus de combattre les ministres du prince, mais le principe même de leur autorité. La résistance populaire changeait de nature; les adversaires de la veille devenaient des ennemis irréconciliables : on touchait à une véritable révolution.

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